20.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie II)

Par Harold Larente, le 21 juin 2019

Le présent billet constitue le second consacrée à l’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente[1], réalisée par le notaire Jean-Baptiste Pottier, entre le 4 et le 18 décembre 1687 où cinq jours ont été nécessaires pour y procéder[2].

Cette seconde partie abordera les journées du 5, 6, 11 et 18 décembre 1687.

Lors des journées du 5 et du 6 décembre, les bâtiments, les récoltes, les cultures et les terres y seront recensés et évalués. La recension des titres et papiers ainsi que les dettes actives et passives y seront également énumérées. La fin de la journée du 6 décembre est marquée des tensions familiales. La veuve Alton a fait protestation de l’inventaire des biens de son premier époux auprès de ses gendres,  Jean Quenet et Paul Décarie, respectivement tuteur et subrogé tuteur aux enfants mineurs d’Hurtebise et d’elle.

La journée du 11 décembre, quatrième journée de l’inventaire, est consacrée à l’évaluation des biens de Vinet se trouvant dans la maison d’Hurtebise située en la contrée Saint-Joseph, au pied de la Montagne[3].

Finalement, le 18 décembre 1687, sept jours suivant la précédente journée d’inventaire, la veuve Alton fait un aveu surprenant. De quoi s’agit-il?

En conclusion, plusieurs questions sont soulevées concernant le long parcours du règlement de la succession de Barthélémy Vinet dit Larente.

Pour ceux que cela intéresse, nous avons inséré à la fin, une copie des pages de l’inventaire faisant l’objet de ce billet ainsi que notre transcription.

Par respect pour le travail fait, nous vous demandons de nous citer pour toute utilisation de l’information contenue dans ce billet ainsi que sur le site. Continuer la lecture de « 20.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie II) »

Révision de l’article 19.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie I)

Harold Larente, le 15 avril 2019

Révision de l’article 19.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie I) suite à un commentaire pertinent de madame Louise Trudeau, présidente de l’association des Truteau d’Amérique.

Madame Trudeau mentionnait que :

« Dans l’inventaire après-décès de Barthélémy, on parle d’une cabane. Pourrait-il s’agir d’un lit clos vu que son contenu réfère à de la literie : sept couvertures, dont deux en poil de chèvre, un petit lit de plume enveloppé de deux peaux « passées » et un morceau de peau également « passées ». Le petit lit de plume suggère qu’il a pu être aménagé pour un enfant.

 En effet, certains contrats de construction du charpentier Étienne Truteau l’obligeaient à fabriquer des « cabanes ». Il s’agissait pour lui d’aménager dans le coin d’une pièce de la maison un lit clos rustique comme on en trouve encore en Normandie et en Bretagne dans les très vieilles maisons. La cabane fermée de portes ou de rideaux permettait aux occupants de se garder au chaud même si le feu était éteint. »

À la lumière de ce commentaire, nous avons révisé la section cabane, où nous faisions allusion à une cabane d’« habitant », abri sommaire des premiers défricheurs. L’image et la note de bas de page soutenaient cette interprétation. Une relecture de la recension des biens de Barthélémy suite à ce commentaire me persuade de revoir cet article.

 

19.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie I)

Harold Larente, le 17 mars 2019
Révisé le 15 avril 2019

Le présent billet constitue le premier d’une série consacrée à l’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente, réalisée par le notaire Jean-Baptiste Pottier, entre le 4 et le 18 décembre 1687. Cinq jours ont été nécessaires pour y procéder[1].

À sa mort, les biens de Barthélémy Vinet-Larente ont été inventoriés à la demande d’Étiennette Alton, sa femme. Cette demande de recension fait partie d’une procédure juridique guidée par la Coutume de Paris.

La coutume de Paris

Afin de préserver l’ordre traditionnel, fondé en grande partie sur le fief et la famille, elle [la coutume de Paris] limitait le droit d’aliéner certains types de propriétés, soit par vente ou par testament, et obligeait l’époux à gérer ses biens de façon à en pourvoir sa femme et ses enfants. La Coutume de Paris a été introduite en Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés[2] vers 1640 et devient le seul code légal permis dans la colonie en vertu de l’édit de 1664 établissant la Compagnie des Indes occidentale[3].

Jaquette de la monographie tirée de Gallica, Bibliothèque nationale de France, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97818083?rk=64378;0

Cette Coutume a imposé au couple Vinet-Larente et Alton, la communauté de biens. Elle vise d’abord et avant tout la « conservation » des biens de la succession et de garantir les droits du conjoint survivant, de ses enfants, surtout les mineurs[4], et également des créanciers. Cette protection juridique « […] nécessite trois rencontres avec les praticiens du droit: l’élection de tutelle qui nomme le subrogé tuteur, l’inventaire de la communauté de biens qui permet entre autres de déterminer la part de l’héritier mineur, la clôture d’inventaire qui oblige les protecteurs du mineur à garantir devant le tribunal la fidélité de la recension[5].

L’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente

L’inventaire des biens énumère tous les biens meubles et effets mobiliers, bâtiment par bâtiment, pièce par pièce ainsi que les cultures dans les champs. Son contenu minutieusement relevé, nous révèle un pan de la vie de Barthélémy Vinet dit Larente qui s’est déroulé au XVIIe siècle. Elle nous renseigne sur ses conditions matérielles et nous permet de visualiser l’intérieur de sa maison et de ses abords ainsi que des dépendances de la ferme qu’il possède à Lachine.

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18.- Les funérailles de Barthélémy Vinet dit Larente

Par Harold Larente, le 12 janvier 2019

Au décès[1] de Barthélémy Vinet dit Larente, on a sonné le glas[2] à l’église de la paroisse des Saint-Anges de Lachine. Les sonneries de deuil diffèrent en fonction du sexe du décédé: si c’est une femme, on tinte deux coups par cloche en commençant par la plus petite, trois fois; si c’est un homme, au lieu de sonner deux coups par cloche, on en sonne trois en commençant par la plus grosse.[3] Cette séquence est répétée trois fois avec le glas général à la fin.

On peut présumer que les cloches ont retenti au début, au milieu et à la fin de la cérémonie funéraire comme le veut la tradition. Étiennette Alton, la veuve de Barthélémy Vinet dit Larente a dû débourser 8 livres pour le glas et les sonneries.[4] Continuer la lecture de « 18.- Les funérailles de Barthélémy Vinet dit Larente »

17.- Quelle maladie emporte Barthélémy Vinet dit Larente?

Par Harold Larente, le 1er décembre 2018

Le 18 novembre 1687, Barthélémy Vinet dit Larente décède d’une pleurésie[1]. C’est du moins ce que Pierre Rémy, curé de la paroisse des Saints-Anges-Gardiens de Lachine a indiqué dans son acte de sépulture du 19 novembre 1687. On peut en douter. Nous verrons dans ce billet, la doctrine médicale de cette époque, les traitements de la maladie, en particulier de la pleurésie. Nous ferons une très brève biographie des chirurgiens André Rapin dit La Musette et Antoine Forestier qui sont appelés à son chevet pour le traiter. Enfin, nous nous questionnerons sur les causes de sa mort. Serait-il mort d’une maladie épidémique? Continuer la lecture de « 17.- Quelle maladie emporte Barthélémy Vinet dit Larente? »

16.- Jean Senelé, le parcours de ce serviteur au service de la famille Hurtubise et Vinet-Larente

Par Harold Larente, le 9 novembre 2018

Le présent billet présente quelques notes sur le parcours de serviteur de Jean Senelé.

Données généalogiques

Jean Senelé (Senellé, Senelay) dit Laprairie, fils de Pierre Senelé et de Marie Prou, de Couhé, évêché de Poitiers au Poitou, est né vers 1631 en France.[1] Il est au pays en 1671.[2]

Vers l’âge de 43 ans, il épouse à la basilique Notre-Dame de Québec, le lundi 29 janvier 1674, Renée Jousselot, fille de Pierre Jousselot et d’Ozanne Drapeau. Les parents des époux sont décédés à l’exception de Pierre Jousselot, le père de la mariée. Jean Levasseur, Michel Berthelot, Jacques Delaunay ainsi que le père de la mariée sont présents à la cérémonie de mariage.[3] Le couple aura cinq enfants : Louise (c.1677-1703), Jacques (1679-?), Marguerite (c.1682-1758), Marie-Madeleine (1684-1687) et Marie-Louise (1686-1762)[4].

Contrat de mariage

Un peu plus d’un mois avant cette cérémonie, soit le vendredi 22 décembre 1673, le couple se rend chez le notaire Pierre Duquet pour déterminer leurs volontés par contrat de mariage.[5][6] Outre les conditions habituelles entre époux, le père de la future épouse : Continuer la lecture de « 16.- Jean Senelé, le parcours de ce serviteur au service de la famille Hurtubise et Vinet-Larente »

15.- Barthélémy Vinet dit Larente marguillier à la paroisse des Saints-Anges Gardiens de Lachine

Par Harold Larente, le 12 septembre 2018

Barthélémy Vinet dit Larente, marguillier

La recherche nous amène parfois son lot de surprise. Il y a quelques années en cherchant un acte de baptême de l’un des enfants de Barthélémy Vinet dit Larente, je n’avais d’autre choix que parcourir en entier les registres de la paroisse des Saints-Anges Gardiens de Lachine où habitait Barthélémy Vinet dit Larente. Une surprise m’attendait à la première page du registre de l’année 1676.

On y mentionne que mon ancêtre a donné à la paroisse un registre en « papier blanc » pour transcrire les baptêmes, mariages, sépulture ainsi que toutes les affaires importantes de la fabrique, dont les ordonnances de l’évêque, l’élection des marguilliers, etc.

De plus, je venais d’avoir la confirmation que Barthélémy Vinet dit Larente était marguillier de cette paroisse en 1680. Selon l’état d’avancement de mes recherches, il avait la charge de marguillier entre 1680 et 1683[1].

Avant d’avoir ce registre, les archives paroissiales étaient dans un désordre tel que le dictionnaire biographique du Canada[2] qualifiait celles-ci de « confusion inouïe ». Les actes de baptême, mariage et sépulture se consignaient sur des feuilles volantes ou divers cahiers.

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14.- Barthélémy Vinet dit Larente doit agrandir sa maison de Lachine

Par Harold Larente, le 5 juillet 2018

À l’automne 1675, Barthélémy Vinet dit Larente doit envisager l’agrandissement de sa maison située sur sa concession à Lachine. Malgré le départ de sa belle-fille, Étiennette Hurtubise, qui a épousé Jean Quenet[1] en septembre de cette même année et l’arrivée du 2e enfant Vinet-Larente[2], l’espace est restreint. La maison de 23 pieds par 20 pieds en plus de loger les 7 enfants de la famille Hurtubise et Vinet-Larente, doit permettre l’entreposage des récoltes et des produits de la chasse et de la pêche. L’attique de la maison sert en grande partie à cet entreposage.

L’inventaire après décès[3] de Barthélémy, a permis de savoir que du blé, du blé d’Inde, des pois, des haricots, des peaux de chèvre, d’ours et de vaches, des couvertures et vêtements, y étaient entreposés ainsi que des outils aratoires, tels des serpes, tarières, haches, pioches, pelles de fer à bêcher, coin de fer, etc.

Dans l’après-midi du 20 juillet 1676[4], Honoré Danis dit le Tourangeau[5], charpentier et Barthélémy Vinet dit Larente se rendent en l’étude de Bénigne Basset notaire, à Ville-Marie pour conclure le contrat d’agrandissement en présence de Jean Gervaise[6] et Pierre Caillé[7]. Continuer la lecture de « 14.- Barthélémy Vinet dit Larente doit agrandir sa maison de Lachine »

13 – Les enfants du couple Vinet-Larente et Alton

Par Harold Larente, le 5 mai 2018

Ce billet présente les données généalogiques de la famille élargie de Barthélémy Vinet dit Larente et d’Étiennette Alton. Plusieurs des individus mentionnés ci-dessous feront l’objet d’articles distincts.

Barthélémy VINET-LARENTE, domestique, laboureur et marguillier, fils de François VINET-LARENTE et Denise BRUNET est né vers 1635[1]. Il a signé un contrat de mariage le 12 juin 1672[2], vers l’âge de 36 ou 37 ans, à Montréal, avec Étiennette ALTON, âgée de 34 ans, fille de François ALTON et Antoinette BARILLAY. Étiennette a été baptisée le 13 novembre 1638[3], à la Paroisse Saint-Thomas de la Flèche, Anjou (Angers), France. Elle a été inhumée le 19 décembre 1722 à Montréal, paroisse Notre-Dame-de-Montréal, à l’âge de 84 ans.

Étiennette est veuve depuis seulement 1 mois lorsqu’elle épouse Barthélémy. Ils se sont mariés le lendemain de la signature de leur contrat de mariage, le 13 juin 1672[4] à Montréal, paroisse Notre-Dame-de-Montréal. Leur union a duré 15 ans et 5 mois. Barthélémy et Étiennette ont eu 5 enfants, 3 garçons et 2 filles.

Barthélémy est décédé le mardi 18 novembre 1687, à Lachine. Il est mort de pleurésie. Lors de son décès, il était marguiller à la paroisse des Saints-Anges de Lachine. Il a été inhumé le 19 novembre 1687 à Lachine.

Acte de sépulture de Barthélémy Vinet dit Larente

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12 – Barthélémy Vinet dit Larente doit contribuer pour le corps de garde de la garnison de Montréal

Par Harold Larente, le 16 avril 2018

« Rolle des habitants de l’Isle de Montréal »

En fouillant les pièces détachées du Fonds du Bailliage de Montréal (TL2)[1]  à la Bibliothèque des Archives nationales du Québec (BAnQ) à Montréal, je suis tombé sur une liste de colons en possession d’une terre dans l’île de Montréal en 1673. Cette liste s’intitule « Rolle des habitants de l’Isle de Montréal »[2]. J’avais par ailleurs pris note de ce document il y a quelques années en parcourant le DVD de Gilles Proulx, historien intitulé « Les dossiers du Bailliage de Montréal au XVIIe siècle » publié en avril 2008.

Photo prise par Harold Larente au mois de février 2018 à la Bibliothèque des Archives nationales du Québec (BAnQ-Vieux-Montréal)

Le contenu de ce document est peu explicite. Outre, l’intitulé et la liste de près de 200 noms avec un montant qui leur sont attribués, nous retrouvons à la suite de cette liste de noms, le texte suivant: « Toutes lesquelles sommes c`y dessus contenant cent quatre vingt douse articles non compris douse de rayez se montans à la somme de trois cens vingt sept livres dix sols, laquelle sera employée comme dit est c`y dessus, et au payement de laquelle, chacun des habitans y desnommé sera contraint aux termes de notre ordonnance, dans quinzaine a conter depuis la publication des presentes et de la notification qui leur en sera faite à leur personne par ledit procureur sindic, et apportera son payement au lieu ou il leur désignera Mandons au premier huissier ou sergent sur ce requis, de mettre a exécution notre. presente ordonnance, ce fut fait et donné par nous Baillif, susdit les jour et an que dessus ».[3]

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