21.- Cunégonde Vinet dite Larente, la fille ainée Barthélemy Vinet dit Larente

Par Harold Larente, le 13 mars 2023

Le présent billet constitue le premier d’une série de deux consacré à Cunégonde Vinet dite Larente, la fille aînée de Barthélémy Vinet dit Larente, mon ancêtre arrivé en Nouvelle-France, et d’Étiennette Alton, son deuxième mari. Le premier billet traitera des événements clés de son premier mariage avec François Dubois dit Brisebois et de la vie du couple que les archives nous ont révélés, dont leur contrat de mariage, l’installation du couple sur la terre familiale de mon ancêtre, ainsi que la vie de Jean-François Dubois dit Brisebois, habitant, coureur des bois et voyageur, et l’impact, surtout financier de ce cumul de fonctions pour la famille. Nous compléterons également ce billet avec certains détails sur son second mariage avec Jacques Lanthier, veuf, qu’elle épousera le 26 avril 1723, après la mort de son premier mari vers 1713.

Le second billet sera consacré à la vie de Cunégonde Vinet dite Larente en tant que sage-femme et aux contributions qu’elle a apportées à sa communauté.

Cunégonde, la fille ainée de Barthélémy Vinet dit Larente

Cunégonde est la fille ainée de Barthélemy Vinet dit Larente. Issue du mariage d’Étiennette Alton qui a convolé en secondes noces avec Barthélemy, elle a été baptisée le 18 février 1674 par Gilles Pérot, prêtre de Saint-Sulpice, à l’église de Notre-Dame-de-Montréal. Jean-Baptiste Migeon, sieur de Branssat[1], l’« engageur » de Barthélemy en qualité de domestique à son arrivée en Nouvelle-France en 1665 ou peu avant , leur a fait honneur en acceptant d’être le parrain de Cunégonde. La marraine a été Cunégonde Gervaise, fille de Jean Gervaise, substitut du procureur fiscal, le sieur de Branssat.

François Dubois dit Brisebois, son premier mari

À 19 ans, Cunégonde s’engage sur la voie du mariage. Elle et François Dubois dit Brisebois, fils de René Dubois dit Brisebois et D’Anne-Julienne Dumont concluent un contrat de mariage le 30 août 1693 à Montréal dans la maison de Jean Quenet, gendre de la mère de Cunégonde. Le notaire Antoine Adhémar instrumente ce contrat[2]. Au moins vingt-cinq personnes se sont rassemblées pour cet évènement. Nous notons, du côté de la future épouse, la présence de sa mère Étiennette Alton, veuve de Barthélemy, Madeleine Vinet dite Larente, sa sœur, d’Abraham Bouat, cabaretier son tuteur et celui de sa sœur et de ses frères, d’Étiennette Hurtebise, sa sœur utérine et son époux Jean Quenet, Marie Hurtebise, sa sœur utérine et son mari Paul Descaries, de Pierre, Louis et Marin Hurtebise, ses frères utérins et Marie-Geneviève Courault, l’épouse de Pierre Hurtebise et de Pierre et Marie-Clémence Quenet, les petits-enfants de sa mère. Du côté de l’époux, nous retrouvons son père et sa mère René Dubois dit Brisebois et Anne-Julienne Dumont, ainsi que Nicolas et Jean-Baptiste Gatineau, Jacques Douaire dit Bondy, Jean Jolliet, Claude Crevier dit De Belleville, Pierre Perrotin, Jean Gateau. Les greffiers et huissiers de justice Georges Pruneau et Jean Quesnevillé sont les témoins signataires à ce contrat de mariage.

Extrait du contrat de mariage de jean-Fran¸ois Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet dite Larente
Extrait du contrat de mariage de Jean-François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet dite Larente

Claude Guarigue, le troisième époux d’Étiennette Alton n’est pas présent. Étiennette Alton a obtenu une séparation de corps pour cause de mauvais traitement le 14 janvier 1692[3]. Il faut également souligner l’absence de mention de ses frères Guillaume et François qui ont respectivement 15 et 13 ans à ce moment. Faut-il en déduire que cet évènement n’est pas destiné aux adolescents ?

Elle se marie le lendemain 31 août 1693 à Montréal à l’église de Notre-Dame-de-Montréal. François et Cunégonde auront 9 enfants :

      • François, né et baptisé à l’église Notre-Dame-de-Montréal le 10 octobre 1694. Il est décédé de maladie le 14 novembre 1696 à l’âge de 2 ans et a été inhumé le 25 novembre 1696 à Lachine;
      • Louis, né le 18 avril 1696 et baptisé le lendemain à Lachine. Il est décédé quelques heures après son baptême et a été inhumé le 21 avril à Lachine;
      • François-Christophe, né et baptisé à Lachine le 9 mars 1697. Il est décédé à l’âge de 25 ans et a été inhumé le 29 janvier 1723 à Lachine;
      • René, né et baptisé à Lachine le 9 novembre 1699. Il est décédé à l’âge de 86 ans le 27 mai 1786 et a été inhumé le lendemain à Pointe-Claire. Il se marie le 28 mai 1725 Marie-Angélique Lanthier, fille de Jacques Lanthier et Angélique Matou, à la paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire. Le couple aura 13 enfants;
      • Jean-François, né le 16 octobre 1701 et baptisé le surlendemain à Lachine. Il est décédé vers 16 ans dans les Pays-d’en-Haut, vers 1717[4];
      • Barthélemy, né le 22 février 1704 et baptisé le lendemain à Lachine. Nous n’avons pas retrouvé à ce jour d’informations sur son décès;
      • Anne-Cunégonde, née le 30 mai 1705 et baptisée le lendemain à Lachine. Elle est décédée à l’âge de 46 ans et a été inhumée dans l’église de Pointe-Claire le 15 mars 1752. Elle épouse le fils de son beau-père, Jacques Lanthier le 26 avril 1723. La mère d’Anne-Cunégonde a épousé Jacques Lanthier, père vers 1714. Le couple aura 15 enfants;
      • Geneviève, née le 24 février 1707 et baptisée le 26 février 1707 à Lachine. Elle est décédée à l’âge de 77 ans le 1er décembre 1784 et a été inhumée le lendemain à Pointe-Claire. Elle épouse Pierre Ranger dit Laviolette à Sainte-Anne-de-Bellevue le 31 mars 1723. Le couple aura 13 enfants;
      • Marie-Josèphe, née et baptisée à Lachine le 3 septembre 1708. Elle est décédée à l’âge de 6 ans et a été inhumée le 22 juin 1715 à la paroisse Notre-Dame-de-Montréal.

Installation mouvementée du couple Dubois-Brisebois sur les terres héritées de la succession de Barthélemy Vinet dit Larente

Le couple a l’intention de s’installer à Lachine sur les parts de terre qui revient Cunégonde de la succession de son père[5]. François a donc demandé à sa belle-mère Étiennette Alton et à Abraham Boüat, le tuteur de Cunégonde, de sa sœur et de ses frères, de réclamer ces parts de terre[6]. L’une de ces terres appartient en propre à Barthélémy Vinet dit Larente pour l’avoir acquise avant son mariage. Selon la coutume de Paris, la moitié de cette terre de deux arpents de front sur le fleuve Saint-Laurent sur vingt arpents de profondeur revenait à son épouse, Étiennette Alton et l’autre moitié aux enfants Vinet dit Larente. Cette partie a deux arpents de front sur le fleuve Saint-Laurent sur vingt arpents de profondeur. La seconde terre de six arpents de front sur dix-huit de profondeur doit être partagée en trois parts égales, l’une revenant à Étiennette Alton, l’autre aux enfants Hurtebise issus du premier mariage de ladite Alton, en raison de la continuation de la communauté faute d’inventaire, et la dernière part aux quatre enfants vivants de Barthélémy.

Le 16 avril 1694[7], les cohéritiers ont convenu de procéder au partage des deux terres qui leur reviennent. La première terre à partager de six arpents de front donnant sur le fleuve Saint-Laurent et dix-huit arpents de profondeur est divisée en trois lots égaux de deux arpents de front sur dix-huit de profondeur. Les héritiers Vinet, Cunégonde, Madeleine, Guillaume et François, obtiennent le premier lot adjacent aux terres d’André Rapin, chirurgien. L’autre terre appartenant en propre à Barthélémy Vinet dit Larente et située à Lachine a deux arpents de front sur le fleuve Saint-Laurent par vingt arpents de profondeur. La moitié de celle-ci revient à

Laboureur avec deux bœufs, George H. Harvey. Collection Peter Winkworth. Bibliothèque et Archives Canada, e000996287

Étiennette Alton pour son douaire accordé par contrat de mariage et l’autre moitié se divisant entre les quatre enfants Vinet Larente. Tous s’entendent que les parts de terrains revenant aux enfants Vinet dit Larente ne peuvent être séparées en raison de leur taille réduite et de la faible valeur qui en résulterait. François Dubois a alors offert d’acheter la part de terre de deux arpents ayant front sur le fleuve St-Laurent qui revient à sa belle-mère du premier lot au prix de 800 livres et celles du deuxième lot qui revient aux enfants Vinet-Larente au prix de 200 livres. Plutôt que d’accepter l’offre de François, l’assemblée familiale convient qu’il serait préférable de liciter les terres pour en tirer le meilleur prix provocant ainsi une importante brouille familiale.

La requête pour vendre par licitation les terres est donc déposée par François et Cunégonde à la Juridiction royale de Montréal le 17 avril 1694. Le Tribunal leur a accordé la permission de vendre les terres aux enchères.

La criée a eu lieu trois dimanches consécutifs soit les 18 et 25 avril et le 2 mai devant la porte principale de l’église des Saints-Anges de Lachine. François maintient le prix qu’il a offert lors de l’acte de partage. Aucun enrichisseur ni opposition n’a été fait lors de ces criées. Les terres ont été adjugées à François et Cunégonde le 1er juin 1694.

Devant les tensions familiales engendrées par cette situation Charles Juchereau, lieutenant général, dans son jugement sert un avertissement à la famille et aux proches en ces termes : « … faisons deffences à toutes personnes de troubles ny inquiéter lesdits Dubois et sa femme leurs hoirs et ayantz cause a l audvenir (sic) ez possession et jouissance desdits immeubles a eux adjugez par les présentes sous telles peynes que de droit… »

François dit Brisebois, coureurs de bois et voyageur[8]

François Dubois partage son temps entre l’exploitation de la terre, la traite des fourrures dans l’ouest[9] et ses activités à titre de voyageur dans les Outaouais et les Illinois. Il est souvent absent du foyer familial pour de longues périodes en raison de ces engagements comme coureur des bois et voyageur.

En 1695, l’été suivant son mariage, il est dans les Outaouais plusieurs mois[10]. Ce n’est pas son premier voyage, car il déclare avoir des pelleteries dans les Outaouais en 1694[11]. Avant de partir pour le voyage de 1694-1695, il a pris plusieurs dispositions pour assurer la subsistance de sa famille, car le retour n’est jamais garanti. Ainsi, le 4 juin 1694, il se rend chez le notaire Antoine Adhémar, pour faire une donation pour que tous les biens meubles, acquêts et conquêts immeubles ainsi que les biens leur appartenant en propre reviennent au survivant s’il n’y a pas d’enfant au moment du décès[12].

Le 18 juin 1694, il contracte deux obligations auprès de Charles de Coüagne, marchand de Ville-Marie. La première obligation, d’un montant de 333 livres, dont 133 livres en argent et 200 livres, vise à assurer la survie de sa famille pendant son voyage. Le marchand de Coüagne doit remettre à Cunégonde, sur simple réquisition, de la marchandise et de l’argent pour subvenir aux besoins de la famille pendant l’absence de François. La seconde obligation, d’un montant de 4 036 livres 8 sols et 6 deniers, sert à acheter de la marchandise de subsistance et de troc, de l’équipement ainsi qu’à acheter la permission de traite obtenue par Charles de Coüagne auprès des autorités coloniales. Cette obligation a été contractée avec Alexandre Turpin, lesquels sont solidairement responsables de cette dette[13][14]. Ce n’est que le 1er octobre 1697 qu’ils obtiennent quittance de cette dette[15].

Frances Anne Hopkins. Bibliothèque et Archives Canada, C-02774k

Puis, le 19 juin 1694, il signe une obligation de 233 livres 1 sol et 8 deniers pour de la marchandise et de l’argent reçu avant la passation de cette obligation. Il promet rembourser cette dette en « bons castors » à son retour d’un voyage aux Outaouais à l’automne 1695 ou plus tôt si ses pelleteries redescendent des Outaouais[16].

Le 13 avril 1701, Jean-François s’engage pour un an à Pierre Lestage dit Despeyroux, marchand de Villemarie, pour aider à amener deux canots chargés de marchandise au profit de François de Laforest[17], vers le Fort Saint-Louis « au Illinois »[18]. Le 8 mai de l’année suivante, en 1702, il s’engage pour un autre périple pour le fort Michillimakinac auprès de Pierre Chartier. Son retour est prévu à l’automne[19].

La famille vit dans une situation économique précaire

François Dubois accumule des dettes auprès de plusieurs créanciers. Il tarde à les acquitter. Les plus importantes sont auprès de marchands. Le 3 novembre 1696, François contracte une obligation de 250 livres pour l’achat de deux bœufs qu’il s’oblige à payer à Charles de Coüagne, marchand bourgeois de Villemarie à l’acquit de Nicolas Chaput de Ste-Thérèse. Au 18 mars 1702, cette créance n’est toujours pas acquittée.

Le 18 avril 1701, il a souscrit un acte notarié devant Antoine Adhémar pour s’engager à rembourser « en castor » la somme de 1 054 livres et 7 sols à Charles de Coüagne, un marchand bourgeois de Villemarie. Cette somme correspondait aux avances qu’il avait reçues au cours des trois mois précédents, et il a promis de rembourser le tout après son retour des Illinois, au plus tard au cours de l’année 1702[20]. En outre, il devait à ce marchand 6 minots de blé froment remis à Dubois deux ou trois ans auparavant cette l’obligation d’avril 1701, ainsi qu’une somme de 32 livres 10 sols pour de la marchandise qu’il lui avait remise[21].

Le couple a acquitté qu’une infime partie de cette obligation et signé plusieurs autres billets auprès de Charles de Coüagne. Ce dernier accepte de consolider leurs dettes envers lui en souscrivant à une nouvelle obligation pour couvrir l’obligation consentie en novembre 1696 pour les deux bœufs, celle du 18 avril 1701 partiellement acquittée, ainsi que la somme de 32 livres et plusieurs autres billets dus. Probablement las d’attendre le remboursement de cette créance, il la cède le 4 décembre 1703 aux marchands Pierre Peire, Augustin Trehet et Martin Delisle, marchands de Villemarie[22].

Guillaume Delort, marchand, comme procureur des marchands Piere, Delisle et Trehet présente en mars 1704 une requête pour saisir la concession de François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet dite Larente à la juridiction royale de Montréal faute de paiement[23]. Le 2 avril 1704, par la voie d’Antoine Adhémar, leur notaire, Étiennette Alton en son nom et celui de Guillaume et Madeleine, ses enfants et à titre d’héritière de François, son autre fils, s’oppose à la vente et l’adjudication de la terre saisie[24]. Ses prétentions sont que la terre lui appartient et à ses enfants et qu’elle fera valoir ses prétentions en temps et lieu. Nous n’avons retracé aucun document sur l’issue du procès tenu à la Juridiction royale de Montréal.

Toujours est-il que la terre est encore en la possession de Cunégonde Vinet le 1er décembre 1724. En effet, à cette date, Jacques Lanthier, second mari de Cunégonde et celle-ci, vendent les parts de terres appartenant à Cunégonde à Charles Lemaire et Marie-Clémence Rapin, son épouse[25]. Voici un extrait de ce contrat :

« (…) Jacques Lentier, habitant de la Pointe-Claire, et dame Cunégonde Vinet sa femme auparavant veufve de feu Francois Dubois Brisebois authoriser dudi sieur Lentier son mary lesquels de leur bon gré et volonte ont vendu ceddé quitte transporte et delaisse du tout des maintenant et pour toujours promis et promettent solidairement garantir de tous troubles dettes hypoteques dons dôüaires evictions substitutions et autres empeschements generallement quelconques au sieur Charles Lemaire et dame Marie Clemence Rapin sa femme a ce presents et acceptants acquereurs pour eux leurs hoirs et ayants cause a l avenir c est a scavoir deux parts et portîons de terres sciz et scitué a la parroisse de Lachine venant de la succession de deffunts Barthelemy Vinet et Estiennette Alton ses père et mere; com[me] a laditte Cunegonde Vinet a elle appartenant par les partages qui ont esté faits des biens desdits deffunts sieur Vinet père et mere; et l’autre par acquisition qu ils en ont faitte de dame Magdeleine Vinet leur sœur [souligné par nous] a present religieuse de l Hopital general de Québec (…) laditte terre size audi lieu de Lachine contenant la totallite deux arpents de front sur vingt de profondeur faisant ladite acquisition un arpent sur vingt (…)»

Jacques Lanthier, son deuxième mari

Après le décès de son premier mari, Cunégonde Vinet-Larente s’est unie à Jacques Lanthier, un veuf[26], laboureur, le fils de Jacques Lanthier et de Catherine Picard avant le 31 décembre 1714[27]. Ce mariage sera singulier en raison des liens familiaux multiples et entrelacés qu’il a créés, rendant leur relation complexe. En effet, Cunégonde Vinet-Larente, veuve de François Dubois dit Brisebois devient la belle-mère de Jacques Lanthier, fils et celui-ci deviendra son beau-fils lorsqu’il épousa 9 ans plus tard Cunégonde Dubois dit Brisebois, sa fille. En clair, Jacques Lanthier est le beau-fils de Cunégonde Vinet-Larente par le mariage de son père et son beau-fils également en tant qu’époux de sa femme, la fille de Cunégonde Vinet-Larente.

Le couple aura deux enfants :

      • Antoine est né vers 1714. Il est décédé vers l’âge de 73 ans[28] le 3 janvier 1787 et inhumé dans l’église paroissiale Saint-Joachim à Pointe-Claire. Il épouse Geneviève Proulx, fille de Jacques Proulx et Marie-Jeanne Pilon;
      • Suzanne est née et baptisée le 22 juin 1718 à la paroisse des Saints-Anges-de-Lachine. Elle est inhumée à l’âge de 14 ans le 27 décembre 1732 dans le cimetière de la paroisse de Saint-Joachim à Pointe-Claire.

Nous avons peu d’informations à ce jour sur la vie du couple.

Conclusion

Ce pan de l’histoire de la famille Dubois-Larente-Lanthier est une infime illustration, mais combien fascinante, de la vie quotidienne des colons français en Nouvelle-France au XVIIe et XVIIIe siècle. Elle met en lumière les défis auxquels étaient confrontées les familles de colons dans leur lutte pour survivre et prospérer dans un environnement difficile et souvent hostile.

On peut se demander pourquoi François Dubois dit Brisebois a continué ses activités de « coureur des bois » et « voyageur » après s’être établi sur une partie de la terre de son beau-père. Était-ce pour consolider l’exploitation agricole de la famille, pour éponger les dettes accumulées ou tout simplement qu’une fois accoutumée à cette vie, il peine à s’attacher à la culture de la terre? Néanmoins, l’attrait de profits élevés de la traite ne s’est pas avéré lucratif pour François et sa famille. Les risques économiques de François Dubois ont finalement conduit à l’accumulation de dettes importantes, mettant en péril la sécurité financière et la stabilité de la famille Dubois-Larente. En outre, les liens familiaux complexes qui se sont tissés à travers les mariages et les relations familiales sont un rappel de la façon dont les familles de colons ont cherché à se soutenir mutuellement dans un environnement difficile et incertain. En fin de compte, l’histoire de cette famille est une invitation à poursuivre mes recherches dans le passé de la Nouvelle-France et à explorer les vies fascinantes et souvent méconnues de mes ancêtres.

Le prochain billet traitera des activités de sage-femme de Cunégonde Vinet dit Larente.

Pour revenir ou aller au texte, cliquer sur le numéro de la note.

[1] Barthélémy Vinet dit Larente a été le domestique engagé de Migeon de Branssat. Il semble être venu en Nouvelle-France en 1665 ou peu avant. On le trouve dès lors à Montréal comme marchand. Commis de la Compagnie des Indes l’année suivante, il devint, en 1667, procureur fiscal de la seigneurie de Montréal. Il devait remplir cet office pendant dix ans avec le sieur Jean Gervaise comme substitut. Tiré de Jean-Jacques Lefebvre, « MIGEON DE BRANSSAT, JEAN-BAPTISTE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003, consulté le 13 janv. 2015, http://www.biographi.ca/fr/bio/migeon_de_branssat_jean_baptiste_1F.html .

[2] 30 août 1693, Contrat de mariage François Dubois et Cunégonde Vinet, greffe du notaire Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1407.

[3] ANQ-M (maintenant BAnQ), cote TL, 2, Contenant 11575, Dossier 54.

[4] L’information vient de la fiche individu #2363 du Programme de recherche et de démographie historique (PRDH) et disponible en ligne : https://www-prdh-igd-com.res.banq.qc.ca/Membership/fr/PRDH/Individu/2363

[5] Barthélémy Vinet dit Larente Larente est décédé de pleurésie le 18 novembre 1689. On peut lire un article sur les causes de sa mort sur ce blogue à l’adresse suivante : https://blogharoldlarente.ca/2018/12/01/17-quelle-maladie-emporte-barthelemy-vinet-dit-larente/ et de ses funérailles à l’adresse suivante : https://blogharoldlarente.ca/2019/01/11/18-les-funerailles-de-barthelemy-vinet-dit-larente/ .

[6] 14 avril 1694, « Partage de terres situées à Lachine entre Etiennette Alton, veuve de Claude Carrigues, de Villemarie, épouse antérieure de Barthélémi Vinet dit Larente ; et Jean Quenet et Etiennette Hurtebise, son épouse, au nom et comme tuteur de Marin Hurtebise (mineur), fils issu du premier mariage de ladite Alton, cette dernière assistée dudit Jean Quenet Paul Descarris et Marie Hurtebise, son épouse, Pierre Hurtebise et Louis Hurtebise, frères, Abraham Bouat, bourgeois, de la ville de Villemarie, au nom et comme tuteur des enfants dudit défunt Barthélemy Vinet et de ladite Alton, faisant aussi pour Pierre Gaigue, subrogé tuteur desdits mineurs, et François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet, son épouse, et convention entre lesdites parties », greffe du notaire Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), microfilm M-620.1407

[7] Id., « 14 avril 1694, Partage de terres situées à Lachine …. »

[8] Gilles Havard (2016) dans « Histoire des coureurs de bois: Amérique du Nord, 1600-1840 » aux Éditions « Les Indes savantes », pages 7 et 11, définit le terme « coureur des bois » à la fin du XVIIe siècle, les colons de la Nouvelle-France qui allait collecter des pelleteries auprès des Indiens de l’intérieur des terres » alors que celui de « voyageur » s’applique d’abord au traiteur disposant d’un permis délivré par les autorités coloniales pour se rendre en voyage chez les autochtones, puis à l’individu qui s’engage « l’engagé » auprès d’un employeur du commerce pelletier pour gagner le pays Indien, parfois pour y hiverner.

[9] Deux obligations qui mentionnent qu’il attend des pelleteries.

[10] 16 avril 1696, Accord et convention entre Jean Quenet et Etiennette Hurtebise, son épouse, de Villemarie, faisant au nom et comme tuteur de Marin Hurtebise, Paul Descarris et Marie Hurtebise, son épouse, Pierre Hurtebise et Louis Hurtebise, frères ; et René-Abraham Bouat, bourgeois, de la ville de Villemarie, au nom et comme tuteur de Cunégonde Vinets (mineure), épouse actuelle de Jean-François Dubois, Madeleine Vinets (mineure), Guillaume Vinets (mineur) et François Vinets (mineur), assisté dudit Jean-François Dubois, notaire Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1408.

[11] 19 juin 1694, Obligation de François Dubois dit Brisebois, de l’île de Montréal, à Antoine Pascaud, marchand, de Villemarie, absent le notaire stipulant pour lui, Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), disponible en ligne à https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4236671?docref=-i8r7mVO0tpSAFBlqsXXDQ

[12] 4 juin 1694, Procuration de François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet, son épouse, du quartier St Joseph près la ville de Villemarie, au porteur, Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1407. Cet acte est une procuration au porteur pour faire insinuer l’acte de donation entre vifs, car aucune donation n’est à leur contrat de mariage.

[13] 18 juin 1694, Obligation de Alexandre Turpin et François Dubois dit Brisebois, voyageur, de Villemarie, à Charles de Couagne, marchand, de Villemarie, Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Disponible en ligne à l’adresse : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4236671?docref=jbUTBdlgnkFbDx1FAuLhpg .

[14] Pour ce voyage, Alexandre Turpin et François Dubois ont formé une société pour ce voyage de traite : 18 juin 1694, Convention et société entre Alexandre Turpin et François Dubois dit Brisebois, voyageur, de Villemarie, Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Disponible en ligne à l’adresse suivante : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4236671?docref=4FLeiOFH7z_6wR6qsCcJPQ .

[15] Cette quittance est au bas de l’obligation du 18 juin 1694.

[16] 19 juin 1694, Obligation de François Dubois dit Brisebois… ibid

[17] François de Laforest est gouverneur et propriétaire du Fort Saint-Louis aux Illinois.

[18] 13 avril 1701, Engagement de François Dubois dit Brisebois, de Lachine en l’île de Montréal, à Pierre de Lestage dit Despeyroux, marchand, de la ville de Villemarie, faisant pour et au nom et en vertu du pouvoir de Charlotte Juchereau de St Denys, veuve de François Viennay dit Pachot, marchand bourgeois, de la ville de Québec, procuratrice de François de Laforest, écuyer, capitaine réformé dans les troupes du détachement de la Marine, gouverneur et seigneur et propriétaire du fort St-Louis des Illinois, notaire Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1410.

[19] 8 mai 1702, Engagement en qualité de voyageur de François Dubois dit Brisebois, de Lachine en l’île de Montréal et Bernard Brouillet dit Laviolette, de la Pointe aux Trembles en l’île de Montréal, à Pierre Chartier, Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1411

[20] 18 avril 1701, Obligation de François Dubois dit Brisebois habitant de Lachine à Charles de Couagne marchand bourgeois de Villemarie, Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Disponible en ligne : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4236686?docref=onHIl7wjbt33q-fJGGfEYQ

[21] 18 mars 1702, Obligation de François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet, son épouse, de Lachine, à Charles de Couagne, marchand bourgeois, de la ville de Villemarie, Antoine Adhémar dit St-Martin, [1668‑1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Disponible en ligne à l’adresse suivante : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4236688?docref=PMK3NbSQl2UuIlUF5fbzog .

[22] 4 décembre 1703, Transport de créance sur obligation de plusieurs débiteurs dont François Dubois dit Brisebois et Cunegonde Vinet dite Larente, Pierre Raimbault, Pierre [1697-1727], Family Search, disponible en ligne à l’adresse suivante : https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CS5V-S38R?cat=675517 .

[23] 2 mars 1704-15 juillet 1704, Procès entre Pierre Peire, Augustin Tréhet et Martin Delisle, ayant les droits cédés de Charles de Couagne, demandeurs, et François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet, sa femme, défendeurs, pour la saisie d’une concession sur obligation, BAnQ Vieux-Montréal, TL4, S1, D750.

[24] 2 avril 1704, Opposition à la vente et adjudication d’une terre; par Etiennette Alton, veuve de Barthélemy Vinet dit Larente, tant en son nom que faisant pour et au nom de Guillaume Vinet dit Larente et Madeleine Vinet, ses enfants sur François Dubois dit Brisebois et Cunégonde Vinet, son épouse, Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1411.

[25] 1er décembre 1724, Vente de parts de terre situées à la paroisse de Lachine; par Jacques Lentier et Cunégonde Vinet, son épouse, de la Pointe-Claire, épouse antérieure de François Dubois dit Brisebois, à Charles Lemaire et Marie-Clémence Rapin, son épouse, Michel Lepailleur de Laferté [1701-1732], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1324.

[26] Il est veuf de Marie-Angélique Matou Labrie, fille de Philippe et de Marguerite Doucinet.

[27]Site Internet du Programme de recherche en démographie historique (PRDH) Fiche individu 16304, Disponible en ligne : https://www-prdh-igd-com.res.banq.qc.ca/Membership/fr/PRDH/Individu/16304/ .

[28] Cette information est tirée de l’acte de sépulture disponible en ligne sur le Lafrance du site de Généalogie Québec à l’adresse suivante : https://www.genealogiequebec.com/Membership/LAFRANCE/img/tag/d1p_11041292.jpg .

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.