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28.- Au seuil de la vieillesse : Marguerite André dite Saint-Michel et la mémoire agissante (Partie 3)

🔸Transmission, piété et stratégies familiales dans la Nouvelle-France

par Harold Larente

1er juin 2025

Après avoir évoqué la brève vie de François Vinet dit Larente, puis suivi les parcours de ses enfants Marguerite et François-Geoffroy, ce troisième volet poursuit le récit en s’attardant sur celle qui, dans l’ombre et dans la durée, a assuré la continuité familiale : Marguerite André dite Saint-Michel.

Devenue veuve en 1703, Marguerite n’est pas seulement la survivante d’un drame : elle est l’architecte patiente d’une transmission. Sa vie d’après devient un véritable laboratoire de gestion successorale, de négociation foncière et de prudence stratégique, dans un monde où les femmes, bien que souvent absentes des grands récits, occupent un rôle central dans le maintien des lignées. À travers les quittances, les donations et les choix de partage, elle façonne l’avenir de ses enfants tout en honorant la mémoire des disparus.

Ce dernier chapitre explore ainsi ses gestes de transmission, ses actes notariés de fin de parcours, et la façon dont elle a su conjuguer piété, fidélité et responsabilité. Une plongée dans la vieillesse active d’une femme de tête, à la croisée des devoirs familiaux et des réalités juridiques de la Nouvelle-France.

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27 – Biographie de François Vinet dit Larente, époux de Marguerite André dite Saint-Michel (Partie 2)

Le parcours de leurs enfants : Marguerite et François-Geoffroy Vinet-Larente

par Harold Larente
11 mai 2025

Lorsque François Vinet dit Larente décède en janvier 1703, il laisse derrière lui une épouse enceinte et une fillette de 19 mois. Ce sont ses enfants, Marguerite et François-Geoffroy, qui assureront la continuité d’une lignée encore jeune, mais déjà solidement enracinée à Pointe-Claire.

À travers leurs trajectoires respectives, se révèle une forme de résilience familiale façonnée par les réalités de la société canadienne du XVIIIe siècle : recompositions conjugales, gestion des biens fonciers, alliances par le mariage et réseaux de solidarité.

En dépit d’une vie écourtée, Marguerite Vinet-Larente incarne pleinement l’ancrage d’une femme dans la société rurale canadienne, entre maternité nombreuse, gestion domestique et réseaux de parenté.

Son frère, François-Geoffroy, né quelques mois après le décès de leur père, jouera un rôle décisif dans la transmission du nom, du patrimoine et de la mémoire des Vinet-Larente. Par ses actes, ses alliances et son inscription durable dans le paysage foncier de Pointe-Claire, il devient le véritable passeur de l’héritage familial, assurant à cette lignée une continuité tangible. Encore aujourd’hui, de nombreux descendants portent le nom Vinet-Larente ou y sont liés, témoignant de la pérennité d’une lignée qui prend racine dès le tournant du XVIIe siècle, avec son grand-père Barthélemy Vinet dit Larente.

Ce deuxième volet s’efforce de faire revivre ces deux figures fraternelles, à la fois discrètes et essentielles, dont les parcours éclairent les dynamiques familiales, sociales et territoriales de la Nouvelle-France.

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26 – Biographie de François Vinet dit Larente, époux de Marguerite André dite Saint-Michel (Partie 1)

Une vie brève, un enracinement durable

par Harold Larente

4 mai 2025

François Vinet dit Larente (1680–1703) tient une place toute particulière dans le récit de mes origines. Il appartient à cette génération d’ancêtres dont les noms s’effacent peu à peu dans le lointain, mais dont la présence résonne encore dans les documents, les lieux, et les mémoires. Dans mon arbre généalogique, il porte le numéro Sosa 256, une désignation qui, en généalogie, correspond à la 9e génération en ligne directe — soit un arrière-grand-père à sept degrés. Pour les non-initiés : la numérotation Sosa est un système qui attribue un numéro à chaque ancêtre en fonction de sa position dans la lignée. Le numéro 256 désigne celui qui est situé exactement neuf générations au-dessus de moi.

Né à Lachine à la fin du XVIIe siècle, il fait partie de ces colons de la Nouvelle-France dont la vie, bien que peu documentée, nous éclaire sur le quotidien, les alliances familiales et les engagements locaux d’une époque fondatrice.

Cette biographie est le fruit de recherches menées à partir des registres paroissiaux, des actes notariés et d’archives diverses. Une grande partie des transcriptions utilisées ici provient du travail rigoureux de Jules Guérard, dont les relevés paléographiques — couvrant plus de 4 300 actes liés à Pointe-Claire — m’ont permis d’accéder à des sources parfois difficiles à déchiffrer. Ce travail de transcription paléographique s’inscrit dans un vaste projet de reconstitution du terrier ancien de Pointe-Claire, piloté par la Société pour la Sauvegarde du Patrimoine de Pointe-Claire (SSPPC). Dirigé par Claude Arsenault, ce projet a permis de retracer et de cartographier avec précision les anciens lots de Pointe-Claire, à partir des actes notariés d’époque. Claude a réalisé l’essentiel du travail de reconstitution du terrier, tandis qu’Yves Blondin s’est joint à l’équipe pour contribuer à l’analyse foncière des cas recensés — notamment en traitant les cas problématiques — et assurer la cohérence cartographique de l’ensemble. Pour ma part, j’ai structuré l’ensemble des actes dans une base de données, facilitant ainsi leur repérage et leur exploitation. Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance envers tous les collaborateurs de ce projet, et tout particulièrement envers Jules, pour la qualité exceptionnelle de son travail de paléographie.[1]

🔹 Remerciements spécifiques pour cette biographie

Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance envers Jules Guérard, pour la qualité exceptionnelle de son travail paléographique ainsi que pour les précieuses précisions contextuelles qu’il a apportées. Son regard attentif sur les réalités foncières, familiales et sociales de l’époque a considérablement enrichi la compréhension des documents et éclairé de nombreux aspects de cette biographie.

Je souhaite également remercier Yves Blondin, dont les analyses ont grandement contribué à affiner ma compréhension des liens familiaux, des proximités de voisinage et des dynamiques de peuplement à Lachine et à Pointe-Claire.

Leur soutien a permis d’approfondir la reconstitution du parcours de François Vinet dit Larente, en ancrant solidement ce récit dans son cadre foncier, familial et social.

Retissons maintenant le fil de la vie de François, de celle de sa femme et de leurs deux enfants, à partir des fragments qu’ils ont laissés dans les archives. Ce récit s’appuie sur les documents disponibles pour reconstituer les grandes étapes de leur existence, à la lumière de ce minutieux travail de reconstitution foncière, nourri par l’examen attentif des archives notariales, judiciaires et paroissiales.

Trois volets pour cette histoire familiale

Pour mieux mettre en lumière les différentes dimensions de cette histoire familiale, la biographie est présentée en trois volets.

    • Le premier article est consacré à François Vinet dit Larente et à son épouse Marguerite André dite Saint-Michel. Il retrace leur union, brève, mais fondatrice, dans le contexte tourmenté de la fin du XVIIe siècle, marqué notamment par le massacre de Lachine.
    • Le deuxième article suit leurs deux enfants, Marguerite et François-Geoffroy, qui, chacun à leur manière, assureront la continuité foncière et familiale à Pointe-Claire.
    • Enfin, le troisième article revient sur la figure de Marguerite André après la mort de son époux, en explorant son rôle central dans la transmission des biens, la gestion des successions, et la préservation d’une mémoire familiale vivante.

Ensemble, ces trois volets composent une fresque biographique documentée, attentive à la fois aux événements vécus, aux liens tissés, et aux traces laissées dans les archives — une mémoire inscrite dans les terres, les noms et les gestes transmis. Continuer la lecture de « 26 – Biographie de François Vinet dit Larente, époux de Marguerite André dite Saint-Michel (Partie 1) »

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25.- Guillaume Vinet dit Larente, dans l’expédition royale pour la fondation du fort Pontchartrain (aujourd’hui Détroit) (1701)

Un chapitre stratégique dans l’expansion coloniale française

par Harold Larente

Le 9 mars 2025

Dans le premier billet, nous avons retracé les origines familiales de Guillaume Vinet dit Larente, son enfance en Nouvelle-France, ainsi que les moments clés de sa vie, notamment ses mariages et sa descendance. Nous avons ainsi esquissé le parcours d’un homme marqué par les défis de la colonisation et les responsabilités d’un habitant engagé dans le développement du territoire.[1]

Ce second article met en lumière un moment clé de son existence : sa participation à l’expédition de 1701 menée par Antoine Laumet dit Lamothe-Cadillac. [2] Cette mission, qui aboutira à la fondation du fort Pontchartrain du Détroit, s’inscrit dans un contexte plus large d’expansion et de consolidation de la présence française en Amérique du Nord. Ce fort devient rapidement un centre vital pour les échanges avec les nations autochtones, notamment les Hurons-Wendats et les Outaouais.

Plaque érigée par la FCHSM à Hart Plaza en l’honneur de ceux qui ont accompagné Cadillac à Détroit le 24 juillet 1701 (côté français).  Le 18 mai 2002, une plaque honorant les 52 voyageurs et engagés français et canadiens-français connus, ainsi que les soldats qui ont accompagné Antoine Lamothe, Sieur de Cadillac, à Détroit le 24 juillet 1701, a été inaugurée. Cette plaque est située à côté de la statue de Cadillac et du panneau historique de l’État, à Hart Plaza, Détroit. Plus précisément, elle est située sur West Jefferson Avenue (State Highway 10), près de Woodward Avenue (State Highway 1). Le nom de Guillaume Vinet dit Larente y figure.

Nous explorerons les motivations de cette expédition, les conditions du voyage et le rôle précis joué par Guillaume Vinet dit Larente. À travers l’analyse des sources historiques et des actes notariés, nous chercherons à comprendre comment cet engagement a façonné son destin — notamment son mariage tardif et son hésitation entre l’appel de l’aventure et le choix de l’enracinement — ainsi que ce qu’il révèle des enjeux politiques et économiques de l’époque.

À travers cette exploration, nous poursuivons notre objectif : mieux saisir la vie de cet homme à travers les événements qui ont façonné son parcours et, à plus grande échelle, la colonie française en Amérique du Nord. Continuer la lecture de « 25.- Guillaume Vinet dit Larente, dans l’expédition royale pour la fondation du fort Pontchartrain (aujourd’hui Détroit) (1701) »

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24. Mise à jour de l’article 23 – Guillaume Vinet dit Larente : De la vallée du Saint-Laurent aux frontières de Détroit

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De nouvelles découvertes nous forcent à ajuster la biographie de Guillaume Vinet dit Larente.
Deux contrats d’engagement récemment analysés de son fils Jacques apportent un éclairage inédit sur son parcours et ses engagements. Cette mise à jour permet d’affiner notre compréhension de son itinéraire et de mieux situer son histoire dans le contexte de sa famille et de son époque.

23.- Guillaume Vinet dit Larente : De la vallée du Saint-Laurent aux frontières de Détroit

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23.- Guillaume Vinet dit Larente : De la vallée du Saint-Laurent aux frontières de Détroit

Un voyageur engagé dans l’expansion française avant de s’établir

Par Harold Larente, le 16 février 2025
Révisé le 3 mars 2025

Le présent billet est le premier d’une série de deux consacrée à Guillaume Vinet dit Larente, fils de Barthélemy Vinet dit Larente et d’Étiennette Alton. Dans cette première partie, nous aborderons ses origines familiales, son enfance, ainsi que les étapes marquantes de sa vie en Nouvelle-France, notamment ses mariages et sa descendance.

Le second billet sera entièrement dédié à sa participation à l’expédition de 1701 menée par Antoine Laumet dit Lamothe-Cadillac, qui aboutit à la fondation du fort Pontchartrain, aujourd’hui connu sous le nom de Détroit. Nous explorerons en détail le contexte de cette expédition, le rôle joué par Guillaume Vinet dit Larente, et l’impact de cet événement sur sa vie et sur l’histoire de la Nouvelle-France.

À travers ces articles, nous visons à offrir une compréhension approfondie de la vie de Guillaume Vinet dit Larente et de sa modeste contribution à l’histoire coloniale française en Amérique du Nord.

Résumé en bref

Qui était Guillaume Vinet dit Larente ? Un colon de la Nouvelle-France partagé entre une vie d’aventure et l’établissement d’un foyer.

Ses moments clés :

    • 1678 (environ) : Naissance dans la vallée du Saint-Laurent;
    • 1701 : Engagement dans l’expédition de Détroit avec Lamothe-Cadillac;
    • 1714 Un premier mariage à un âge tardif (36 ans) : Un choix révélateur de son hésitation entre vie nomade et enracinement;
    • 1714 : Installation définitive à Sainte-Anne-de-Bellevue;
    • Descendance : Une lignée marquée par l’expansion et l’exil, notamment de son fils Joseph vers Détroit;
    • 1714-1741 : Plusieurs transactions foncières;
    • 1732 Second mariage : un mariage stratégique;
    • 1741 Son décès

Pourquoi cette biographie ? Elle explore son parcours exceptionnel entre mobilité et établissement, tout en reliant son histoire à l’évolution de la Nouvelle-France.

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22.- Cunégonde Vinet dite Larente : une sage-femme de son temps ?

Par Harold Larente, le 3 février 2025

Ce second billet est consacré à la vie de Cunégonde Vinet dite Larente en tant que sage-femme. Bien qu’elle ne soit jamais explicitement désignée comme telle dans les archives, plusieurs indices laissent supposer qu’elle exerçait ce rôle au sein de sa communauté.

Introduction

Dans l’histoire des femmes en Nouvelle-France, les sages-femmes occupaient une place essentielle. Souvent sans reconnaissance officielle, elles jouaient un rôle crucial dans l’accompagnement des naissances et la survie des nouveau-nés. Bien que Cunégonde Vinet dite Larente ne soit jamais explicitement désignée comme sage-femme dans les archives, plusieurs indices laissent supposer qu’elle exerçait ce rôle au sein de sa communauté.

Un accouchement assisté par une sage-femme (image dans Les accouchements dans les beaux-arts, dans la littérature et au théatre en 1894 par Gustave Joseph, Wikimedia Commons)

Cet article explore le parcours de Cunégonde Vinet dite Larente à travers les registres paroissiaux, en mettant en lumière son implication dans les baptêmes et les ondoiements d’urgence, une pratique essentielle pour assurer le salut des nouveau-nés en danger de mort. Il présente brièvement le contexte des sages-femmes en Nouvelle-France et la place qu’elles occupaient dans la société coloniale. Continuer la lecture de « 22.- Cunégonde Vinet dite Larente : une sage-femme de son temps ? »

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21.- Cunégonde Vinet dite Larente, la fille ainée Barthélemy Vinet dit Larente

Par Harold Larente, le 13 mars 2023

Le présent billet constitue le premier d’une série de deux consacré à Cunégonde Vinet dite Larente, la fille aînée de Barthélémy Vinet dit Larente, mon ancêtre arrivé en Nouvelle-France, et d’Étiennette Alton, son deuxième mari. Le premier billet traitera des événements clés de son premier mariage avec François Dubois dit Brisebois et de la vie du couple que les archives nous ont révélés, dont leur contrat de mariage, l’installation du couple sur la terre familiale de mon ancêtre, ainsi que la vie de Jean-François Dubois dit Brisebois, habitant, coureur des bois et voyageur, et l’impact, surtout financier de ce cumul de fonctions pour la famille. Nous compléterons également ce billet avec certains détails sur son second mariage avec Jacques Lanthier, veuf, qu’elle épousera le 26 avril 1723, après la mort de son premier mari vers 1713.

Le second billet sera consacré à la vie de Cunégonde Vinet dite Larente en tant que sage-femme et aux contributions qu’elle a apportées à sa communauté.

Cunégonde, la fille ainée de Barthélémy Vinet dit Larente

Cunégonde est la fille ainée de Barthélemy Vinet dit Larente. Issue du mariage d’Étiennette Alton qui a convolé en secondes noces avec Barthélemy, elle a été baptisée le 18 février 1674 par Gilles Pérot, prêtre de Saint-Sulpice, à l’église de Notre-Dame-de-Montréal. Jean-Baptiste Migeon, sieur de Branssat[1], l’« engageur » de Barthélemy en qualité de domestique à son arrivée en Nouvelle-France en 1665 ou peu avant , leur a fait honneur en acceptant d’être le parrain de Cunégonde. La marraine a été Cunégonde Gervaise, fille de Jean Gervaise, substitut du procureur fiscal, le sieur de Branssat. Continuer la lecture de « 21.- Cunégonde Vinet dite Larente, la fille ainée Barthélemy Vinet dit Larente »

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20.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie II)

Par Harold Larente, le 21 juin 2019

Le présent billet constitue le second consacrée à l’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente[1], réalisée par le notaire Jean-Baptiste Pottier, entre le 4 et le 18 décembre 1687 où cinq jours ont été nécessaires pour y procéder[2].

Cette seconde partie abordera les journées du 5, 6, 11 et 18 décembre 1687.

Lors des journées du 5 et du 6 décembre, les bâtiments, les récoltes, les cultures et les terres y seront recensés et évalués. La recension des titres et papiers ainsi que les dettes actives et passives y seront également énumérées. La fin de la journée du 6 décembre est marquée des tensions familiales. La veuve Alton a fait protestation de l’inventaire des biens de son premier époux auprès de ses gendres,  Jean Quenet et Paul Décarie, respectivement tuteur et subrogé tuteur aux enfants mineurs d’Hurtebise et d’elle.

La journée du 11 décembre, quatrième journée de l’inventaire, est consacrée à l’évaluation des biens de Vinet se trouvant dans la maison d’Hurtebise située en la contrée Saint-Joseph, au pied de la Montagne[3].

Finalement, le 18 décembre 1687, sept jours suivant la précédente journée d’inventaire, la veuve Alton fait un aveu surprenant. De quoi s’agit-il?

En conclusion, plusieurs questions sont soulevées concernant le long parcours du règlement de la succession de Barthélémy Vinet dit Larente.

Pour ceux que cela intéresse, nous avons inséré à la fin, une copie des pages de l’inventaire faisant l’objet de ce billet ainsi que notre transcription.

Par respect pour le travail fait, nous vous demandons de nous citer pour toute utilisation de l’information contenue dans ce billet ainsi que sur le site. Continuer la lecture de « 20.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie II) »

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Révision de l’article 19.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie I)

Harold Larente, le 15 avril 2019

Révision de l’article 19.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie I) suite à un commentaire pertinent de madame Louise Trudeau, présidente de l’association des Truteau d’Amérique.

Madame Trudeau mentionnait que :

« Dans l’inventaire après-décès de Barthélémy, on parle d’une cabane. Pourrait-il s’agir d’un lit clos vu que son contenu réfère à de la literie : sept couvertures, dont deux en poil de chèvre, un petit lit de plume enveloppé de deux peaux « passées » et un morceau de peau également « passées ». Le petit lit de plume suggère qu’il a pu être aménagé pour un enfant.

 En effet, certains contrats de construction du charpentier Étienne Truteau l’obligeaient à fabriquer des « cabanes ». Il s’agissait pour lui d’aménager dans le coin d’une pièce de la maison un lit clos rustique comme on en trouve encore en Normandie et en Bretagne dans les très vieilles maisons. La cabane fermée de portes ou de rideaux permettait aux occupants de se garder au chaud même si le feu était éteint. »

À la lumière de ce commentaire, nous avons révisé la section cabane, où nous faisions allusion à une cabane d’« habitant », abri sommaire des premiers défricheurs. L’image et la note de bas de page soutenaient cette interprétation. Une relecture de la recension des biens de Barthélémy suite à ce commentaire me persuade de revoir cet article.

 

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19.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie I)

Harold Larente, le 17 mars 2019
Révisé le 15 avril 2019

Le présent billet constitue le premier d’une série consacrée à l’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente, réalisée par le notaire Jean-Baptiste Pottier, entre le 4 et le 18 décembre 1687. Cinq jours ont été nécessaires pour y procéder[1].

À sa mort, les biens de Barthélémy Vinet-Larente ont été inventoriés à la demande d’Étiennette Alton, sa femme. Cette demande de recension fait partie d’une procédure juridique guidée par la Coutume de Paris.

La coutume de Paris

Afin de préserver l’ordre traditionnel, fondé en grande partie sur le fief et la famille, elle [la coutume de Paris] limitait le droit d’aliéner certains types de propriétés, soit par vente ou par testament, et obligeait l’époux à gérer ses biens de façon à en pourvoir sa femme et ses enfants. La Coutume de Paris a été introduite en Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés[2] vers 1640 et devient le seul code légal permis dans la colonie en vertu de l’édit de 1664 établissant la Compagnie des Indes occidentale[3].

Jaquette de la monographie tirée de Gallica, Bibliothèque nationale de France, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97818083?rk=64378;0

Cette Coutume a imposé au couple Vinet-Larente et Alton, la communauté de biens. Elle vise d’abord et avant tout la « conservation » des biens de la succession et de garantir les droits du conjoint survivant, de ses enfants, surtout les mineurs[4], et également des créanciers. Cette protection juridique « […] nécessite trois rencontres avec les praticiens du droit: l’élection de tutelle qui nomme le subrogé tuteur, l’inventaire de la communauté de biens qui permet entre autres de déterminer la part de l’héritier mineur, la clôture d’inventaire qui oblige les protecteurs du mineur à garantir devant le tribunal la fidélité de la recension[5].

L’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente

L’inventaire des biens énumère tous les biens meubles et effets mobiliers, bâtiment par bâtiment, pièce par pièce ainsi que les cultures dans les champs. Son contenu minutieusement relevé, nous révèle un pan de la vie de Barthélémy Vinet dit Larente qui s’est déroulé au XVIIe siècle. Elle nous renseigne sur ses conditions matérielles et nous permet de visualiser l’intérieur de sa maison et de ses abords ainsi que des dépendances de la ferme qu’il possède à Lachine.

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18.- Les funérailles de Barthélémy Vinet dit Larente

Par Harold Larente, le 12 janvier 2019

Au décès[1] de Barthélémy Vinet dit Larente, on a sonné le glas[2] à l’église de la paroisse des Saint-Anges de Lachine. Les sonneries de deuil diffèrent en fonction du sexe du décédé: si c’est une femme, on tinte deux coups par cloche en commençant par la plus petite, trois fois; si c’est un homme, au lieu de sonner deux coups par cloche, on en sonne trois en commençant par la plus grosse.[3] Cette séquence est répétée trois fois avec le glas général à la fin.

On peut présumer que les cloches ont retenti au début, au milieu et à la fin de la cérémonie funéraire comme le veut la tradition. Étiennette Alton, la veuve de Barthélémy Vinet dit Larente a dû débourser 8 livres pour le glas et les sonneries.[4] Continuer la lecture de « 18.- Les funérailles de Barthélémy Vinet dit Larente »

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17.- Quelle maladie emporte Barthélémy Vinet dit Larente?

Par Harold Larente, le 1er décembre 2018

Le 18 novembre 1687, Barthélémy Vinet dit Larente décède d’une pleurésie[1]. C’est du moins ce que Pierre Rémy, curé de la paroisse des Saints-Anges-Gardiens de Lachine a indiqué dans son acte de sépulture du 19 novembre 1687. On peut en douter. Nous verrons dans ce billet, la doctrine médicale de cette époque, les traitements de la maladie, en particulier de la pleurésie. Nous ferons une très brève biographie des chirurgiens André Rapin dit La Musette et Antoine Forestier qui sont appelés à son chevet pour le traiter. Enfin, nous nous questionnerons sur les causes de sa mort. Serait-il mort d’une maladie épidémique? Continuer la lecture de « 17.- Quelle maladie emporte Barthélémy Vinet dit Larente? »

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10.- Barthélémy Vinet dit Larente se départit d’une partie de sa concession

Par Harold Larente, le 25 mars 2018

Barthélémy Vinet dit Larente vend, le 16 juin 1672[1], la concession voisine de la sienne acquise de Mathias Chatouteau le 9 avril 1672[2], soit un peu plus de 2 mois après son acquisition et 3 jours après son mariage. Cette vente comprend également le tiers de sa concession d’origine, reçu par Cavelier de LaSalle, le 16 décembre 1668[3].

Qu’est-ce qui motive cette vente un peu plus de 2 mois après son acquisition? Mais avant d’esquisser quelques hypothèses, examinons cette vente.

Contenance et localisation de la terre vendue

Au moment de la vente, la propriété de Barthélémy Vinet dit Larente est constituée de 60 arpents de sa concession d’origine et 60 arpents de la concession acquise de Mathias Chatouteau dit Massias. Il cède 80 arpents de cette propriété sur une étendue de 120 arpents qu’elle contient. Continuer la lecture de « 10.- Barthélémy Vinet dit Larente se départit d’une partie de sa concession »

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9 – Barthélémy Vinet dit Larente sur la voie de prendre épouse

Par Harold Larente, le 12 mars 2018

La formation d’une famille est difficile au XVIIe siècle en Nouvelle-France. Les épouses potentielles sont peu nombreuses en raison de la forte proportion d’hommes dans la colonie[1], surtout à Lachine en ce début d’établissement. Les premières concessions et occupations de ce territoire débutent vers 1668, soit depuis environ 4 ans .

Étiennette Alton[2], devenue la veuve de Marin Hurtubise[3] le 12 mai 1672, représente un parti intéressant pour Barthélémy[4]. Elle a 34 ans, lui 37 ans.

Veuve, mère de jeunes orphelins et contrainte à gérer les biens immobiliers de son défunt mari, elle doit se remarier rapidement. Est-ce leurs relations sociales communes qui a mis en contact Barthélémy Vinet et Étiennette Alton ou bien les futurs époux se connaissaient du temps où Barthélémy demeurait à Montréal ? Peut-être bien une conjonction des deux.

Barthélémy Vinet dit Larente s’apprête à prendre toute une famille. Étiennette Alton à 6 enfants : Pierre 12 ans, Étiennette 10 ans, Jean 7 ans, Louis 5 ans, Marie 2 ans et enfin Marin qui a à peine 4 mois.

Les enfants de Marin Hurtubise et d’Antoinette Alton

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