23.- Guillaume Vinet dit Larente : De la vallée du Saint-Laurent aux frontières de Détroit

Un voyageur engagé dans l’expansion française avant de s’établir

Par Harold Larente, le 16 février 2025
Révisé le 3 mars 2025

Le présent billet est le premier d’une série de deux consacrée à Guillaume Vinet dit Larente, fils de Barthélemy Vinet dit Larente et d’Étiennette Alton. Dans cette première partie, nous aborderons ses origines familiales, son enfance, ainsi que les étapes marquantes de sa vie en Nouvelle-France, notamment ses mariages et sa descendance.

Le second billet sera entièrement dédié à sa participation à l’expédition de 1701 menée par Antoine Laumet dit Lamothe-Cadillac, qui aboutit à la fondation du fort Pontchartrain, aujourd’hui connu sous le nom de Détroit. Nous explorerons en détail le contexte de cette expédition, le rôle joué par Guillaume Vinet dit Larente, et l’impact de cet événement sur sa vie et sur l’histoire de la Nouvelle-France.

À travers ces articles, nous visons à offrir une compréhension approfondie de la vie de Guillaume Vinet dit Larente et de sa modeste contribution à l’histoire coloniale française en Amérique du Nord.

Résumé en bref

Qui était Guillaume Vinet dit Larente ? Un colon de la Nouvelle-France partagé entre une vie d’aventure et l’établissement d’un foyer.

Ses moments clés :

    • 1678 (environ) : Naissance dans la vallée du Saint-Laurent;
    • 1701 : Engagement dans l’expédition de Détroit avec Lamothe-Cadillac;
    • 1714 Un premier mariage à un âge tardif (36 ans) : Un choix révélateur de son hésitation entre vie nomade et enracinement;
    • 1714 : Installation définitive à Sainte-Anne-de-Bellevue;
    • Descendance : Une lignée marquée par l’expansion et l’exil, notamment de son fils Joseph vers Détroit;
    • 1714-1741 : Plusieurs transactions foncières;
    • 1732 Second mariage : un mariage stratégique;
    • 1741 Son décès

Pourquoi cette biographie ? Elle explore son parcours exceptionnel entre mobilité et établissement, tout en reliant son histoire à l’évolution de la Nouvelle-France.

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Cette biographie repose sur une analyse approfondie de sources généalogiques, juridiques et historiques reconnues.[1] Elle explore le parcours de Guillaume Vinet dit Larente, de son enfance à son établissement en Nouvelle-France, en passant par son engagement dans l’expansion coloniale et sa vie familiale. Entre une existence de voyageur et son enracinement dans la vallée du Saint-Laurent, son histoire illustre les défis et les aspirations des colons de son époque. Ce récit biographique emprunte le cycle classique du développement de toute famille. Elle se déploie en trois phases : pré-parentale, parentale et post-parentale.[2] À ce cycle, nous avons ajouté, avant la phase pré-parentale, les événements marquants survenus dans la vie de Guillaume avant son premier mariage.

Les trois grandes phases décrites précédemment constituent l’ensemble du cycle. La phase pré-parentale qui va de la formation du couple par le mariage jusqu’à la naissance du premier enfant; La phase parentale dont la durée s’étend de la première naissance jusqu’au mariage ou au départ du dernier enfant; cette période se scinde elle-même en deux séquences: celle de l’agrandissement/contraction, qui va de la première à la dernière naissance; celle de la stabilisation/contraction qui s’étend de la dernière naissance jusqu’au mariage ou au départ du dernier enfant; la contraction qui peut se produire à tout moment par le décès d’un des enfants résulte aussi du mariage ou du départ de chaque enfant; la phase post-parentale qui s’amorce avec le mariage ou le départ du dernier enfant pour se terminer par la dissolution de la famille; elle est caractérisée par une première période où les deux conjoints qui ont fondé la famille survivent, et d’une deuxième période, provoquée par le décès d’un des conjoints, où le conjoint survivant est seul; la famille sera dissoute au moment du remariage du conjoint survivant ou de son décès en état de veuvage.[3]

Les origines familiales et l’enfance de Guillaume Vinet-Larente (1678-1689)

Guillaume Vinet-Larente voit le jour vers 1678 en Nouvelle-France, dans une colonie encore en pleine structuration. Son père, Barthélémy Vinet-Larente, est un habitant établi à Lachine, engagé dans les travaux de défrichement et de culture nécessaires à la subsistance de sa famille. Il s’occupe également du patrimoine foncier assez considérable accumulé par Marin Hurtebise, le premier Marie d’Étiennette Alton. Étiennette-Antoinette Alton, est une femme de caractère, qui a déjà connu les épreuves de la vie en Nouvelle-France. En effet, avant d’épouser Barthélémy, elle avait été mariée à Marin Hurtebise, avec qui elle avait eu des enfants. Veuve une première fois, elle a refait sa vie avec Barthélémy Vinet dit Larente, avec qui elle aura également plusieurs enfants, dont Guillaume.

En 1681, la petite famille apparaît dans le recensement de Montréal. À cette époque, Guillaume est le plus jeune des enfants du ménage. Celui-ci se compose de :

      • Barthélémy Vinet dit Larente (chef de famille, 48 ans, habitant);
      • Étiennette-Antoinette Alton (son épouse, 42 ans);

Les enfants issus du premier mariage d’Étiennette avec Marin Hurtebise :

      • Pierre Hurtebise (20 ans)
      • Jean Hurtebise (16 ans)
      • Louis Hurtebise (14 ans)
      • Marie Hurtebise (11 ans)
      • Marin Hurtebise (9 ans)

Les enfants de Barthélémy et Étiennette :

      • Cunégonde Vinet-Larente (7 ans)
      • Madeleine Vinet-Larente (6 ans)
      • Guillaume Vinet-Larente (3 ans)

Une concession de terre à un très jeune âge

Le 26 mai 1686, Guillaume et François Vinet dit Larente, fils de Barthélémy, alors âgés respectivement de 8 et 6 ans, reçoivent une concession des Sulpiciens, voisine de celle de leur père à Lachine.[4] Cette concession, d’une dimension de six arpents de front sur dix-huit arpents de profondeur, est située à l’extrémité des terres de leur père.

Concession par les sulpiciens à Guillaume et François Vinet dit Larente, 26 mai 1686

Il est évidemment inhabituel qu’à cette époque des enfants aussi jeunes se voient attribuer une concession de terre. Toutefois, le contenu de l’acte révèle des éléments qui pourraient expliquer cette attribution. En effet, Barthélémy nourrissait certaines rancœurs envers les seigneurs – en particulier les Messieurs de Saint‑Sulpice de Paris, propriétaires de l’île de Montréal – notamment au sujet des chemins que, selon lui, il ne devrait pas être contraint de supporter ni d’entretenir sur ses terres. Bien que son contrat de concession précise qu’il doit assurer l’entretien, il n’est pas stipulé qu’il doive accepter, sans compensation, l’implantation de chemins sur ses terres. Louise Dechêne mentionne qu’« au début de l’établissement, l’habitant, forcé de céder une partie de sa terre pour laisser passer un chemin public, était dédommagé; mais non plus par la suite ».[5] On peut donc présumer que c’est sur cette base que Barthélémy a négocié avec les Sulpiciens pour obtenir réparation et, finalement, qu’il a obtenu, le 26 mai 1686, une concession de terre pour ses fils, Guillaume et François, assortie d’une certaine compensation.

Le contrat stipule :

« (…) pour en jouir par lesdits Guillaume et Francois Vinet leur susdits hoirs ou ayant causes en toutte propriaitté des maintenant et a tousjours aux charges clauses et conditions suivantes, sçavoir d’y travailler ou faire travailler incessamant a la mettre en culture et d’en payer par chacun an a mesdits sieurs les seigneurs a leur recepté ordinaire du Seminaire dudit Montreal trente sols de cens et une rante seigneurialle d’un minot et demy de bled fromant bon loyal et marchant pour toutte ladite concession, et le surplus des cens et rantes qui auroient apartenu pour la susdite concession, mondit sieur Dollier les à donné et remis et par ces presantes donne et remet audit Vinet pere pour remplacemant de quelques chemins qu il disois ne point estre obligé de souffrir sur sa terre et de touttes autres prétentions qu il avoit ou pouvoit pretendre et demander a mesdits sieurs les seigneurs en vertu de certain contract de concession que luy avoit donné le sieur de Lasalle [souligné par nous]; dont il s est contanté et contente les en à quitté et quitte et ne pourra luy ses hoirs ou ayanz causes se prevalloir ny servir dudit contrat que pour ce qui concerne les cens et rantes et droict de pesche et de chasse seullemant, payable les trente sols de cens et la rante seigneurialle d un minot et demy de bled fromant pour la presante concession annuellemant et a perpetuitté au jour et feste de Saint Martin d’hiver, (…) »[6]

Guillaume n’a qu’une dizaine d’années lorsque son père, Barthélémy Vinet dit Larente, décède le 18 novembre 1687. Ce décès bouleverse radicalement la dynamique familiale. En Nouvelle-France, la perte du chef de famille représente un défi de taille, non seulement sur le plan affectif, mais aussi sur le plan économique. En tant qu’habitant, Barthélémy possédait des terres et des biens, mais sa disparition laisse sa veuve avec plusieurs jeunes enfants, incapables d’assurer eux-mêmes la gestion du patrimoine familial.

Étiennette Alton devient alors tutrice, tandis que Louis Chevalier est nommé subrogé-tuteur des enfants mineurs de Barthélémy et d’elle ainsi que des enfants issus de son premier mariage avec Marin Hurtebise.

En 1689, Guillaume a un nouveau tuteur et subrogé-tuteur

Étiennette Alton envisage de se remarier pour la troisième fois. Face à cette situation, Étiennette doit prendre des décisions cruciales pour l’avenir de ses enfants. Conformément aux usages de l’époque, une tutelle est mise en place pour protéger les intérêts des enfants mineurs et assurer une gestion adéquate des biens laissés par leur père.

Le 10 février 1689, devant Jean-Baptiste Migeon, sieur de Branssat, bailli de l’île de Montréal, Maître Bénigne Basset, notaire et procureur d’Étiennette Alton, expose la nécessité de désigner de nouveaux tuteurs pour les enfants mineurs.[7] Cette nomination s’impose, car la veuve prévoit de se remarier et doit être déchargée de la tutelle afin de rendre compte de sa gestion des biens de ses enfants avant son mariage.

À cette occasion, plusieurs parents et amis des familles Hurtebise et Vinet sont convoqués pour donner leur avis. Parmi eux figurent Louis Chevalier, conseiller de Paul Descarris, Jean Leduc, père et parrain d’Étiennette Hurtebise, Jacques Beauvais dit Saint-Gemme, Hugues Picard, Jacques Bro et Urbain Teyssier, tous voisins et amis proches des familles.

Assemblée de parents et amis – Résultat de l’élection d’un tuteur et subrogé tuteur dans les successions de Marin Hurtibise et Barthélémy Vinet dit Larente, ANQ-M, TL2, contenant 11573, dossier 4

Lors de cette assemblée, ses gendres, Jean Quenet, époux d’Étiennette Hurtebise, fille d’Étiennette Alton, est élu tuteur, et Paul Descarris, époux de Marie Hurtebise, également fille d’Étiennette Alton, est désigné subrogé-tuteur. Leur mission est de veiller sur les biens des enfants mineurs issus des deux unions d’Étiennette Alton : Louis et Marin Hurtebise, Cunégonde, Madeleine, Guillaume et François Vinet dit Larente. Jean Quenet et Paul Descarris sont des hommes respectés dans la colonie et habitués à gérer des affaires complexes. Leur rôle consiste à administrer les terres et les biens familiaux jusqu’à ce que les enfants atteignent l’âge adulte ou soit pourvus par mariage.

Toutefois, Étiennette Alton ne se satisfait pas de cette simple mise sous tutelle; elle est pressée en raison de son troisième mariage. Dès le 11 février 1689, elle se présente devant le notaire Basset pour déposer une requête officielle.[8] Son objectif est clair : elle souhaite contraindre les tuteurs à prêter serment, requis en tel cas, le plus rapidement possible.

Ainsi, en l’espace de quelques années seulement, Guillaume passe d’un enfant insouciant, grandissant dans une famille établie, à un orphelin de père placé sous la tutelle d’hommes qui devront gérer son avenir. Cette période fondatrice de sa vie façonnera probablement sa manière d’aborder l’avenir, entre prudence financière et pragmatisme dans la gestion de ses biens.

Début de l’indépendance et premières transactions foncières (1698-1701)

À la fin du XVIIe siècle, Guillaume Vinet dit Larente entre dans une nouvelle phase de sa vie marquée par son émancipation économique et ses premières transactions foncières. Cette période s’ouvre avec l’acquisition d’une concession en 1698 et se termine par la revente de cette terre en 1700.

Nouvelle concession à Notre-Dame-des-Neiges (1698)

Le 30 avril 1698, Guillaume, alors âgé de 20 ans et encore célibataire, obtient une concession de 40 arpents — deux arpents de front sur vingt de profondeur — à la côte Notre-Dame-des-Neiges, une région en développement sur l’île de Montréal. L’acte, signé devant Maître Antoine Adhémar dit St-Martin, précise que cette terre lui est octroyée par Messire François Dollier, au nom des Sulpiciens, seigneurs de l’île de Montréal.[9]

Cette concession vient avec des obligations typiques du régime seigneurial :

      • Un cens de 20 sols et une rente seigneuriale d’un minot de blé froment;
      • Cinq sols pour le droit de droit de commune pour le pâturage;
      • L’interdiction de vendre la terre sans l’accord des seigneurs;
      • L’obligation d’exploiter la terre, sous peine de la voir retournée à la seigneurie.

Deux ans plus tard, le 28 février 1700, Guillaume revend cette concession à François Guimot dit Lalande, et sa femme Magdeleine Dupont, habitants de la côte Notre-Dame-des-Neiges pour la somme de 120 livres. L’acte de vente est rédigé par Maître Pierre Raimbault.[10] Guillaume est encore mineur, il est donc être assisté par Paul Descarris, son subrogé-tuteur.

Cette terre est encore en « bois debout », signe que Guillaume ne l’a pas encore mise en culture. Bien qu’il n’ait pas rempli son obligation à l’égard de la mise en valeur de la terre, il ne semble pas avoir été importuné.

Le 3 mai 1700, François Guimot et son épouse, Magdeleine Dupont, déclarent que bien que l’achat ait été fait en leur nom, leur intention était de partager la terre avec Antoine Berthelet dit Savoyard. Berthelet obtient la moitié des 40 arpents, soit 1 arpent de front sur 20 de profondeur, jouxtant sa propre concession. Il accepte de payer la moitié du prix d’acquisition et des charges seigneuriales. Le prix est fixé à 120 livres, payable en argent ou en marchandises selon la volonté du vendeur. Le 25 juillet 1700, Guillaume Vinet, accompagné de Paul Descarris, reconnaît avoir reçu le paiement complet de 120 livres de François Guimot. Ce paiement est effectué en monnaie locale, notamment en louis d’or et en castors. Bien qu’il n’ait pas exploité cette terre, il a su en tirer un bénéfice en la revendant.

Guillaume Vinet dit Larente, dans l’expédition royale pour la fondation du fort Pontchartrain (aujourd’hui Détroit) (1701)

Cette période marque également les débuts de son engagement dans les expéditions en Nouvelle-France. Peu après ses premières transactions foncières, Guillaume s’engage le 27 mai 1701 comme voyageur au service du roi, une décision qui l’amène à participer à l’expédition d’Antoine Laumet dit Lamothe-Cadillac, en route de Montréal vers le Détroit. Louis XIV et son ministre, le comte de Pontchartrain, approuvèrent le projet de Cadillac visant à établir un poste avancé sur la rive du détroit reliant le lac Érié au lac Sainte-Claire, projet qui aboutit à la fondation de l’actuelle ville de Détroit. Guillaume Vinet dit Larente, alors âgé d’environ 23 ans, participa à cet événement marquant de l’histoire coloniale.

Frances Anne Hopkins — Bibliothèque et Archives Canada, Domaine public.

Composée d’environ une centaine de personnes, dont des soldats, des artisans, des colons et des missionnaires, cette expédition illustre l’ambition de fonder une communauté permanente dans cette région stratégique. Pour Guillaume, encore célibataire, cette transition représente une opportunité unique dans son parcours.

Cet événement fera l’objet de la seconde partie de cet article.

Une donation anticipée… puis révoquée (1704)

Le 14 mai 1704, avant d’entreprendre un long voyage, Guillaume prend une précaution typique des voyageurs engagés dans des expéditions périlleuses : il établit une donation à cause de mort en faveur de sa nièce Clémence Quenet. Dans cet acte rédigé devant Maître Antoine Adhémar dit St-Martin, il lui cède la moitié d’une somme de 100 livres que lui doit Paul Descarris, son subrogé-tuteur, ainsi que la moitié de ses biens meubles et immeubles. L’autre moitié de ses biens doit être consacrée à l’offrande de messes pour le repos de son âme.[11]

Cette démarche, courante chez les voyageurs et marchands engagés dans des missions risquées, témoigne de sa prudence face à l’incertitude de l’avenir. Toutefois, aucun autre acte d’engagement de Guillaume à titre de voyageur, que celui de 1701, n’a été retracé dans les archives. Cela n’est pas inhabituel; Gilles Havard souligne qu’entre 1701 et 1765 pas moins de 12 000 contrats d’engagement pour l’Ouest sont signés devant notaire. Il ajoute que « ces relevés peuvent être trompeurs. En effet, de nombreux engagés – peut-être la moitié d’entre eux – ne signaient pas de contrat notarié, concluant plutôt une entente orale avec leur employeur. Or, ces ententes n’ont laissé aucune trace ».[12]

Toutefois, quelques mois plus tard, le 20 novembre 1704, Guillaume, peut-être après son retour d’un voyage, révoque officiellement cette donation, annulant également la procuration qu’il avait confiée à Jean Quenet, son beau-frère.[13]

Nouvelle acquisition au haut de l’île de Montréal (Sainte-Anne-de-Bellevue) (1714)

Dix ans plus tard, le 29 avril 1714, Guillaume Vinet dit Larente, encore célibataire à 36 ans, élargit son patrimoine en achetant une terre de quatre arpents de front sur vingt de profondeur, au haut de l’île de Montréal, aujourd’hui connue sous le nom de Sainte-Anne-de-Bellevue.[14] Cette transaction s’inscrit dans un effort de Guillaume pour assurer un ancrage plus durable dans la colonie, à un moment où il envisage de fonder une famille. L’acte, signé devant Maître Michel Lepailleur Laferté, atteste que le vendeur, Julien Blois, cède cette concession avec l’accord de son épouse, Françoise Goupille, veuve en premières noces de Cibard Courault de Lacoste, beau-père de son demi-frère Pierre Hurtebise. Guillaume verse cinq cents livres, qu’il paie comptant à ladite Goupille, en monnaie de cartes. Cette terre était menacée de réintégration dans le domaine seigneurial faute de mise en valeur. De plus, les héritiers du défunt Courault étaient en droit de revendiquer une part des biens. Toutefois, ils renoncent volontairement à leurs droits, à la condition que Françoise Goupille prenne en charge le paiement des dettes issues de la communauté de biens entre elle et son défunt mari, Cibard Courault.

La phase pré-parentale s’amorce : Un nouveau chapitre : Mariage et établissement familial (1714)

Guillaume Vinet dit Larente amorce un tournant décisif dans sa vie. Le 19 décembre 1714, à l’âge de 36 ans, il signe un contrat de mariage avec Marie Denis, fille de Jacques Denis et d’Anne Gautier, habitant du haut de l’île de Montréal, tout comme lui. Cet événement marque le début de son installation plus durable dans la colonie et le renforcement de son ancrage territorial.

Un mariage sous le signe de la stabilité

Ce contrat de mariage, signé le 19 décembre 1714, devant Maître Michel Lepailleur de Laferté, notaire royal à Ville-Marie, établit plusieurs dispositions visant à assurer la sécurité matérielle des époux.[15] Les époux se marient en communauté de biens selon la coutume de Paris. Guillaume apporte à la communauté sa concession de quatre arpents de front sur vingt de profondeur, achetée quelques mois plus tôt. Cette terre, bien qu’intégrée à la communauté de biens, ne pourra être revendiquée par ses héritiers collatéraux en cas de décès de son épouse sans enfants, signe d’un souci de transmission directe du patrimoine.

19 avril 1714, Contrat de mariage de Guillaume Vinet dit Larente et Marie Denis, notaire Michel Lepailleur de Laferté [1701-1732], ANQ-M, Microfilm M-620.1323

Marie, quant à elle, bénéficie du douaire coutumier, un droit qui lui assure une protection financière en cas de veuvage. De plus, son père Jacques Denis s’engage à nourrir les jeunes mariés pendant un an, une aide évaluée à 200 livres, qui sera déduite de l’héritage de Marie. Cet appui familial traduit l’importance du réseau de soutien dans la structuration des nouveaux foyers à l’époque.

Une union entourée de proches influents

La signature du contrat se fait en présence de nombreux parents et amis, témoignant du rôle central des alliances familiales dans la société coloniale.

Du côté de Guillaume, on retrouve :

      • Étiennette Alton, sa mère;
      • Jean Quenet, marchand bourgeois de Ville-Marie, et son épouse Étiennette Hurtebise, sœur utérine de Guillaume;
      • Paul Descarris, son beau-frère, veuf de Marie Hurtebise, autre sœur utérine de Guillaume;
      • François Poisset, marchand, et son épouse Élizabeth Quenet;
      • Charlotte Quenet, Suzanne Quenet, nièces de Guillaume;
      • Jacques Lantier et son épouse Cunégonde Vinet, sa sœur;
      • Madeleine Vinet, sœur de Guillaume.

Du côté de Marie Denis, sont présents :

      • Jacques Denis et Anne Gautier, ses parents;
      • Pierre Gautier et François Gautier, ses oncles maternels;
      • Joseph Desloges et son épouse Marie Gautier, tante maternelle de Marie;
      • Claude Gautier, autre oncle maternel;
      • Clémence Jarry, épouse de Joseph Gauthier, son oncle.

Un ancrage durable : Mariage, enfants et vie familiale (1715-1731)

Le mariage qui suivra marque une rupture avec les années d’expéditions et de spéculations foncières qui avaient jusque-là rythmé la vie de Guillaume. Celui-ci est célébrée le 2 janvier 1715 à la paroisse Saint-Joachim à Pointe-Claire.[16] Après son mariage avec Marie Denis Guillaume Vinet dit Larente s’établit définitivement dans le haut de l’île de Montréal, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Ce mariage marque une nouvelle phase dans sa vie, celle de la fondation d’un foyer et de l’agrandissement de son patrimoine.

Une famille qui s’agrandit

Il faut attendre plus de cinq ans avant la naissance du premier enfant. Entre 1720 et 1730, Guillaume et Marie Denis auront huit enfants, dont plusieurs ne survivront pas à l’enfance. Voici la liste avec le nom de leurs parrains et marraines :

      1. Marie-Anne est née le 27 février 1720 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Elle a été baptisée le 1er mars 1720 à Pointe-Claire, paroisse de Saint-Joachim. Son parrain est Jacques Denis dit Saint-Denis et sa marraine Anne Gauthier. Son décès est survenu le 5 mars 1720, 7 jours après sa naissance;
      2. Geneviève est née le 16 juin 1721 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Elle a été baptisée le 16 juin 1721 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Son parrain est Michel Brabant et sa marraine Geneviève Brisebois. Elle est décédée le 30 juin 1721, 14 jours après sa naissance;
      3. Guillaume est né avant le 8 décembre 1722 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Il a été baptisé le 8 décembre 1722 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Son parrain est Joseph Denis dit Saint-Denis et sa marraine Suzanne Laplante. Il est décédé quelques jours après sa naissance, puis inhumé le 19 décembre 1722 à Sainte-Anne-de-Bellevue;
      4. Marie-Josèphe est née et baptisée le 16 mars 1724 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Son parrain est Jacques Milot et sa marraine Marie-Josèphe Brabant;
      5. Marie-Anne est née le 16 juillet 1725 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Elle a été baptisée le 17 juillet 1725 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Son parrain est Joseph Denis dit Saint-Denis et sa marraine Clémence Picard;
      6. Joseph est né et baptisé le 27 juin 1727 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Son parrain est Joseph Poirier dit Desloges et sa marraine Marie Talmy;
      7. Paul est né et baptisé le 29 juin 1729 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Son parrain est Michel Lefebvre et sa marraine Françoise Denis dit Saint-Denis. Il est inhumé le 10 octobre 1729 à Sainte-Anne-de-Bellevue à l’âge de 3 mois;
      8. Jacques est né et baptisé le 28 septembre 1730 à Sainte-Anne-de-Bellevue. Son parrain est Joseph Gauthier et sa marraine Marie-Rose Lalonde. Il est décédé le 10 janvier 1775 à Pointe-Claire.

La mortalité infantile étant élevée en Nouvelle-France, seuls quatre de leurs enfants atteindront l’âge adulte : Marie-Josèphe, Marie-Anne, Joseph et Jacques.

Un établissement consolidé

Guillaume consacre ces années à l’expansion et à l’exploitation de ses terres. La région de Sainte-Anne-de-Bellevue se développe progressivement, et Guillaume devient un membre actif de cette communauté agricole.

Le décès de Marie Denis (1731) et un second mariage (1732)

Le 19 mai 1731, Marie Denis décède à Sainte-Anne-de-Bellevue, laissant Guillaume Vinet dit Larente veuf avec trois enfants en bas âge, dont le plus jeune à 7 mois seulement.

Moins d’un an plus tard, le 1er février 1732, Guillaume conclut une convention de mariage avec Marie Monique Denis dit Jean, veuve de Charles Normand, marchand potier d’étain de la ville de Québec.[17] Cette convention, rédigée sous seing privé et reçue par Élie Deperet, prêtre missionnaire de Sainte-Anne, établit plusieurs clauses visant à protéger principalement les intérêts de Guillaume.

1 février 1732, Convention de mariage entre Guillaume Vinet dit Larente, de la paroisse Ste Anne, au haut de l’île de Montreal, veuf de Marie Denis; et Monique Denis dit Jean, de la paroisse Ste Anne, au haut de l’île de Montreal, veuve de Charles Normant, Acte sous seing privé, TL 313, S1, contenant 11720

Détails du contrat de mariage (1er février 1732)

L’acte de convention de mariage prévoit plusieurs dispositions financières et successorales :

      • Guillaume accorde à Monique la moitié de ses biens, dont elle aura pleine jouissance durant sa vie seulement;
      • Elle jouira également du lit conjugal, qui reviendra après sa mort aux enfants de Guillaume;
      • Les futurs époux ne sont pas responsables des dettes antérieures l’un de l’autre;
      • Guillaume promet que, si son épouse venait à décéder avant lui, il fera chanter cinquante messes pour le repos de son âme;
      • La communauté de biens ne concernera que les acquisitions faites après le mariage;
      • À la mort de Guillaume, Monique pourra reprendre tous ses habits et effets personnels, sans que personne ne puisse s’y opposer.

Le contrat est signé au presbytère de Sainte-Anne, en présence de plusieurs témoins du côté de Guillaume, outre son neveu, aucun parent proche n’est mentionné pour Monique Denis-Jean.

Les témoins présents lors de la signature sont :

      • Jacques Denis, beau-père de Guillaume, habitant de Pointe-Claire,
      • Jacques Lantier, habitant de Pointe-Claire, époux de Cunégonde Vinet dit Larente, la sœur de Guillaume;
      • Joseph Gauthier, cousin germain de Guillaume, habitant de Sainte-Anne;
      • Michel Brebant, neveu de la future épouse, habitant de Sainte-Anne;
      • Jean Pilon, habitant de Sainte-Anne;
      • Jacques Diel, habitant de Sainte-Anne, seul signataire parmi les témoins, les autres déclarant ne pas savoir signer.

L’acte est inscrit sous seing privé, puis remis au notaire Jean-Baptiste Adhémar le 16 février 1732 et insinué officiellement en 1741.

Le mariage est célébré par Élie Deperet trois jours plus tard, 4 février 1732, à l’église de la paroisse de Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-Bellevue.[18] Aucune descendance n’est issue de cette union.

Un mariage stratégique

Entre 1704 et 1715, Monique Denis donne naissance à huit enfants issus de sa première union avec Charles Normand. Au moment de son remariage, au moins six d’entre eux sont encore vivants, dont trois déjà mariés. Toutefois, bien que la famille ait été élevée dans la région de Québec, il est peu probable que ses enfants l’aient suivie à Sainte-Anne-de-Bellevue après le décès de leur père.

Quelques années plus tard, l’un de ses fils, Jean Gaspard, rejoint néanmoins sa mère à Sainte-Anne-de-Bellevue, où il épouse Marie Josèphe Chénier le 15 février 1734.[19] C’est également dans cette paroisse que naît, en 1735, son fils aîné, Charles.

Tous les enfants de Monique Denis ont été retracés dans la région de Québec, ce qui pourrait expliquer l’absence de dispositions concernant leur prise en charge dans son contrat de mariage avec Guillaume. Par ailleurs, des actes notariés révèlent qu’avant cette union, Monique possédait encore des biens à Québec, hérités de son premier mari. Plusieurs transactions témoignent d’un processus progressif de liquidation de son patrimoine avant son mariage avec Guillaume.[20]

Cependant, il faut attendre le 24 octobre 1733 pour que Monique Denis dit Jean se rende en personne à Québec, afin de finaliser la dernière étape de son désengagement de cette ville. Elle y vend, devant le notaire Jean-Étienne Dubreuil, une part d’emplacement sur la rue de la Fabrique, ainsi que sa part de la maison construite sur ce terrain et un autre terrain en profondeur, dont elle cède ses droits à Paul Guillot, charpentier, et à son épouse, Marie-Marthe Normand, qui n’est autre que sa fille issue de son premier mariage.[21] Monique renonce également explicitement à son douaire, comme l’atteste l’acte de vente enregistré par le notaire Dubreuil, se dépouillant ainsi de tous ses droits sur la succession de Charles Normand au profit de sa fille et de son gendre. Guillaume Vinet dit Larente n’avait aucune prétention sur cet héritage, confirmant ainsi que cette transaction relevait strictement du patrimoine personnel de Monique.

Ce second mariage semble être une alliance pragmatique, visant à garantir la stabilité économique et familiale de Guillaume et de ses enfants. Outre son neveu Michel Brebant, aucun parent proche de Monique Denis dit Jean n’est mentionné parmi les témoins de son mariage avec Guillaume, ce qui suggère un certain isolement familial ou une distance avec sa parenté restante à Québec. Cet élément, ajouté au fait que ses enfants sont restés dans la région de Québec, pourrait expliquer l’absence de mention de ces derniers dans le contrat de mariage avec Guillaume.

L’union avec Monique, elle-même veuve, assure une gestion conjointe des biens tout en protégeant les droits des descendants de Guillaume. Ainsi, après la perte de sa première épouse, Guillaume trouve dans ce mariage une nouvelle structure familiale et une continuité dans l’administration de son patrimoine à Sainte-Anne-de-Bellevue.

Dernières transactions et préparation à la fin de vie (1737-1741)

En 1737, à l’âge de 59 ans, Guillaume Vinet dit Larente commence à organiser la transmission de son patrimoine. L’une de ses premières démarches consiste à se départir de ses droits successoraux issus de l’héritage de ses parents.

Le 19 mars 1737, devant le notaire Michel Lepailleur de Laferté, Guillaume Vinet vend à Pierre et Jean Hurtebise, ses frères utérins, ses droits successifs mobiliers et immobiliers provenant des successions de son père Barthélemy Vinet et de sa mère Étiennette Alton.[22] Cette transaction couvre l’ensemble des biens, fruits et revenus qu’il aurait pu revendiquer dans l’héritage familial, sans restriction quant à leur emplacement ou leur valeur. Guillaume cède ces droits sans garantie, sauf en ce qui concerne ses propres actes et engagements. En échange, les frères Hurtebise s’engagent à lui verser 80 livres, montant payable progressivement de jour en jour.

19 mars 1737, Vente de droits successifs mobiliers et immobiliers; par Guillaume Vinet dit Larente, du haut de l’île de Montréal, à Pierre Hurtebise, du quartier St Joseph, et Jean Hurtebise, du quartier St Joseph, frères, notaire Joseph-Charles Raimbault de Piedmont [1727-1737], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.283 et disponible en ligne sur FamilySearch à l’adresse : https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTW-XZLN?cat=672708&i=988&lang=fr , images 989 à 999

Moins d’un an plus tard, le 14 février 1738, Guillaume signe une quittance complète, confirmant devant le notaire Jean-Baptiste Adhémar, qu’il a bien reçu la totalité de la somme prévue dans l’acte de vente.[23] Cet accord met fin à ses liens patrimoniaux avec l’héritage parental, marquant une rupture définitive avec son héritage familial au profit de ses frères utérins.

Vente d’une terre à Pierre Sauvé (29 mars 1737)

Le 29 mars 1737, quelques jours après la vente de ses droits successoraux, Guillaume Vinet dit Larente vend à Pierre Sauvé, habitant du même lieu, trois arpents et vingt-quatre pieds et demi de terre et prairies, situés à la côte Sainte-Marie, au lieu appelé le Lac des Renards.[24] Cette terre constitue la moitié d’une concession de six arpents et un quart, acquise avec sa première épouse, Marie Denis, par un contrat passé devant le notaire Michel Lepailleur, le 29 avril 1714. Cette concession avait initialement été attribuée à Françoise Goupille, épouse de Julien Blois, puis héritée de son premier mari, Cibard Courault, par un contrat signé le 15 novembre 1686 devant Me Pierre Cabazier.

Cette terre est ainsi scindée en deux parts égales : l’une est vendue à Pierre Sauvé, tandis que l’autre est réservée aux enfants issus du premier mariage de Guillaume avec Marie Denis. Le prix fixé pour cette transaction est de quarante livres, réglées en partie en blé et en pois pour l’ensemencement de la terre, ainsi qu’en monnaie de cartes.

Vente d’un arpent de terre à Joseph Gauthier (1er mars 1741)

Puis, le 1er mars 1741, quelques deux mois avant son décès, Guillaume et Monique Denis dit Jean vendent un arpent de terre de front sur vingt de profondeur à Joseph Gauthier, habitant de Sainte-Anne-de-Bellevue.[25] Le contrat est passé devant Jean-Baptiste Janvrin dit Dufresne, notaire royal. Cette terre, jouxtant le fleuve Saint-Laurent, était autrefois concédée à Cibard Courault par les Sulpiciens, le 8 décembre 1681, devant le notaire Maugue et acquise par Guillaume en 1714. L’acte stipule que Guillaume et Monique se réservent la jouissance de la moitié de cet arpent pendant deux ans. La vente est conclue pour une somme de 700 livres en marchandises, dont 350 sont versées immédiatement, tandis que le reste doit être payé en deux ans.

Le décès de Guillaume Vinet dit Larente (1741)

Au début de l’année 1741, Guillaume Vinet dit Larente, alors âgé d’environ 63 ans, vit ses derniers mois dans sa résidence de Sainte-Anne-de-Bellevue. Après une vie marquée par l’expansion de son patrimoine foncier ainsi que par ses engagements commerciaux et familiaux, il semble s’être progressivement délesté de ses biens, notamment par des ventes de terres et la liquidation de ses droits successoraux au cours des années précédentes.

Son état de santé exact demeure inconnu, mais plusieurs indices suggèrent qu’il pressentait sa fin. Entre 1737 et 1741, il cède progressivement ses terres et ses droits successoraux à ses frères utérins, témoignant de sa volonté de régler sa succession. Puis, le 1er mars 1741, il vend un arpent de terre à Joseph Gauthier, une transaction dont un solde de paiement reste dû après sa mort, preuve que certaines affaires étaient encore en cours de règlement.

Le 15 mai 1741, Guillaume Vinet dit Larente s’éteint à Sainte-Anne-de-Bellevue, à l’âge d’environ 63 ans.[26] Il est inhumé le jour même dans le cimetière paroissial après avoir reçu tous les sacrements.

L’ an mille sept cent quarante et un le quinsieme jour du mois de may est decedé de cette paroisse de Sainte Anne au haut de l isle de Montréal Guillaume Vinet dit Larante habittant de cette paroisse aage d’envison soixante ans lequel a ete inhume apres avoir recue tous ses sacrements a eté inhume avec ceremonies accoutumes de la Sainte-Eglise dans le cimetiere de cette paroisse temoins Jean B. Lalonde de Pierre Ranger Michel Brabant et de Joseph Thabo qui habittans de cette paroisse qui ont tous declarés ne scavoir signer de ce enquis suivant l’ordonnance
(Signé)
Deperet pretre missionnaire de la paroisse Sainte Anne au haut de l isle de Montreal

Les premières démarches successorales : Monique Denis accusée de dilapider les biens des mineurs

Avec la disparition de Guillaume, sa veuve Monique Denis dit Jean reste dans la maison familiale, mais elle ne possède pas de droits directs sur les biens issus de la communauté avec Marie Denis.

Jacques Denis dit Saint-Denis, oncle maternel des enfants mineurs, habitant de la côte Saint-Jean à Pointe-Claire, présente une requête à la juridiction royale de Montréal devant Jacques de Lafontaine, conseiller du roi et lieutenant général civil et criminel à Montréal, le 29 juin 1741 afin qu’un tuteur et un subrogé-tuteur soient nommés. Jacques Denis accuse Monique Denis dit Jean, désormais veuve, de dilapider les biens des mineurs. Ses prétentions sont formulées en ces termes :

« (…) et comme ladit Denis a present veuve en second nospes disipte [pour dissiper] tous les jours les biens desdits mineur sans parler de faire disoudre la premiere communautee ».[27]

Cela fait déjà dix ans que Marie Denis dite Saint-Denis, épouse en premières noces, est décédée. Ses deux enfants mineurs, Joseph, âgé de 13 ans, et Jacques, âgé de 10 ans, sont laissés sans protection légale.

La cour demande qu’une assemblée de parents soit convoqué pour élire un tuteur et un subrogé tuteur. Les personnes convoquées sont, entre autres, Monique Denis, la veuve de Guillaume, François Vinet, cousin paternel, Charles Denis, oncle maternel, Jacques Parent, cousin, Louis Descarry, cousin, Joseph Godin. Après délibération, Joseph Denis et François Vinet dit Larente sont nommés respectivement tuteur et subrogé-tuteur, lesquels ont accepté cette charge et prêter le serment requis en tel cas, le 1er juillet 1741.[28]

L’inventaire après décès de Guillaume Vinet dit Larente (1741)

Le 10 juillet 1741, quelques mois après le décès de Guillaume Vinet dit Larente, un inventaire des biens de la communauté ayant existé entre lui et Marie Denis dit Jean est déposé devant le notaire Claude-Cyprien-Jacques Porlier. Cet inventaire est clos le 24 juillet 1741. [29]

Un aperçu du patrimoine de Guillaume

L’inventaire révèle que Guillaume possédait encore une terre cultivée, une maison, une grange, du bétail et plusieurs effets personnels :

    1. Les biens fonciers

Guillaume laissait en héritage une terre de vingt arpents de profondeur sur trois arpents de largeur, dont trente-six arpents étaient cultivés. Les cultures en place : seize minots de blé, deux minots et demi de pois et huit minots d’avoine. Certains champs étaient exploités en fermage; les fermiers devant restituer à Guillaume une quantité de grains égale à celle qu’ils avaient semée.

L’exploitation agricole démontre que Guillaume, bien que vieillissant, poursuivait encore une activité de culture vivrière dans les dernières années de sa vie.

    1. La maison et les bâtiments agricoles :
      • Une maison de 23 pieds de long sur 24 pieds de largeur;
      • Une vieille grange de 30 pieds de long sur 24 pieds de largeur.
    1. Le mobilier, les objets domestiques et le bétail :

L’inventaire mentionne peu de biens de valeur, mais détaille plusieurs objets du quotidien :

      • Un vieux buffet avec sa ferrure (6 livres);
      • Trois vieilles couvertures (3 livres);
      • Une demi-aune de toile pour oreillers (15 sols);
      • Une vieille chaudière en fer (2 livres 10 sols);
      • Deux vieilles faucilles (10 sols);
      • Un vieux cheval (10 livres);
      • Une jument avec son poulain (35 livres);
      • Trois cochons (18 livres).

L’état des objets décrits démontre une usure avancée, ce qui peut indiquer un manque de renouvellement des biens domestiques dans les dernières années de Guillaume.

    1. Une transaction en cours : la vente d’un arpent de terre

L’inventaire mentionne également une créance importante, revenant aux héritiers, soit le produit de la vente d’un arpent de terre sur vingt de profondeur vendue à Joseph Gauthier, dont 334 livres restaient à payer sur un prix total de 700 livres.

    1. Les dettes et obligations

Les obligations financières de Guillaume incluent notamment :

      • Des cens et rentes dus depuis le 11 novembre 1719 sur une terre de 4 arpents et une prairie au Lac aux Renards;
      • La dette s’élevait à 161 livres 15 sols 5 deniers, une somme qui inclut des paiements en nature (minots de blé) et des versements en argent.

L’inventaire confirme que certaines sommes avaient été payées au fil des années, mais qu’il restait encore un solde à régler par les héritiers.

    1. La clôture officielle de la communauté (24 juillet 1741)

Le 24 juillet 1741, Joseph Denis dit Saint-Denis, tuteur des enfants mineurs de Guillaume, présente l’inventaire aux autorités judiciaires de Montréal.[30] François Vinet, subrogé tuteur des mineurs, est également présent et n’émet aucune opposition au document.

Le juge Jacques de Lafontaine, conseiller du roi, clôture officiellement la communauté de biens entre Guillaume Vinet et feue Marie Denis, signant ainsi la fin administrative de leur union et permettant la répartition des biens restants entre les héritiers.

L’acte souligne également la gestion du blé encore en gerbe, qui devait être battu et vanné avant d’être ajouté à l’inventaire. Ces actes démontrent que Guillaume Vinet, après des décennies d’activités commerciales et foncières, a progressivement liquidé ses avoirs dans un processus de transmission de patrimoine et d’anticipation de sa succession. L’absence d’enfants issus de son second mariage et la vente successive de ses terres montrent qu’il a choisi de redistribuer ses biens, en accord avec les règles successorales de l’époque.

La fin d’un cycle familial

Avec la mort de Guillaume Vinet dit Larente, la famille entre dans une nouvelle phase. Les enfants doivent prendre leur indépendance et gérer l’héritage familial. Monique Denis dit Jean, veuve pour la seconde fois, doit s’adapter à cette nouvelle réalité.

Le sort des enfants (1730-1741)

Parmi les huit enfants issus du mariage de Guillaume et Marie Denis, plusieurs meurent en bas âge, notamment Guillaume, Geneviève et Paul, réduisant ainsi le nombre de descendants ayant atteint l’âge adulte. À ce jour, nos recherches ne nous permettent pas de retracer le parcours de deux filles, Marie-Josèphe et Marie-Anne. Cependant, nous savons que Joseph et Jacques sont encore mineurs lors de l’acte de tutelle clôturé le 29 juin 1741.

Jacques, qui n’a que 11 ans au moment du décès de son père, demeure probablement auprès de sa belle-mère, Monique Denis dit Jean, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte.[31]

À l’âge de 21 ans, il s’engage comme voyageur dans le commerce des fourrures. Le 14 juin 1753, alors résident de la Pointe-Claire en l’île de Montréal, il signe un engagement auprès de Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, marquis de Vaudreuil, dernier gouverneur général de la Nouvelle-France. Ce contrat, enregistré par le notaire Jean-Baptiste Adhémar dit St-Martin, est malheureusement manquant dans les archives.[31a]

Deux ans plus tard, le 3 juin 1755, Jacques s’engage de nouveau comme voyageur, cette fois auprès de Louis de Lacorne, capitaine d’infanterie et chevalier de l’Ordre militaire de Saint-Louis. Son contrat, rédigé par le notaire Louis-Claude Danré de Blanzy, stipule qu’il doit partir de Montréal en canot chargé de marchandises pour rejoindre Grand Portage, avant de redescendre avec un chargement de pelleteries. Il reçoit pour cet engagement un salaire de 300 livres, ainsi qu’une couverture et une chemise de coton avant son départ.

Grand Portage était un poste de traite des fourrures et une étape essentielle pour les voyageurs à l’extrémité ouest du lac Supérieur. Situé à l’endroit où commence le premier et le plus difficile des 29 portages séparant le lac Supérieur du lac La Croix, ce trajet obligeait chaque voyageur à porter quatre charges de plus de 80 kg sur environ 14 km de sentiers rocailleux aux environs des chutes de la rivière Pigeon. Cette route, empruntée depuis longtemps par les autochtones, fut utilisée par Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye pour la traite des fourrures. Plus tard, la Compagnie du Nord-Ouest (CNO) y établit un imposant poste de traite qui, en 1784, devint la capitale du commerce des fourrures dans les régions reculées.[31b]

À 26 ans, il épouse Marie Élisabeth Isabelle Robillard (1736-1793) le 23 novembre 1756[32] à Sainte-Anne-de-Bellevue, soit le lendemain de la conclusion de leur convention de mariage, rédigée par Élie Duperet, curé et prêtre missionnaire de la paroisse. Leur contrat de mariage, quant à lui, avait été déposé au greffe de Danré de Blanzy le 12 janvier 1757.[33]

Marie Élisabeth Isabelle est la fille légitime de Claude Robillard et d’Élisabeth-Isabelle-Marie Daoust. Ensemble, ils auront dix enfants. Jacques décède le 10 janvier 1775 à Pointe-Claire, et son corps est inhumé le 14 janvier 1775 au cimetière paroissial.[34]

Le parcours de Joseph Vinet (1741 et après)

À la mort de son père, Joseph Vinet est âgé d’environ 14 ans. Moins d’un mois après avoir été placé sous la tutelle de Joseph Denis dit Saint-Denis, habitant de la Pointe-Claire, et de François Vinet dit Larente comme subrogé tuteur, et ne pouvant encore subvenir à ses propres besoins, il est placé en apprentissage auprès de Pierre Hurtubise et de son épouse Louise Beauvais, par un engagement signé le 29 juillet 1741.[35]

29 juillet 1741, Engagement de Joseph Vinet (14 ans), par Joseph Denis dit St Denis, habitant, de la Pointe Claire, au nom et comme tuteur des enfants mineurs de feu Guillaume Vinet dit Larente et Marie Denis dit St Denis, à Pierre Hurtubise et Louise Beauvais, son épouse, Jean-Baptiste Adhémar dit St-Martin [1714-1754], ANQ-M (maintenant BAnQ), Microfilm M-620.1266

Ce choix d’établissement ne relève pas du hasard. Pierre Hurtubise n’est pas un inconnu pour Joseph : il s’agit de son cousin germain, ce qui suggère une volonté des tuteurs de confier l’adolescent à un foyer où il pourrait bénéficier d’un certain cadre familial. L’engagement, prévu pour trois ans, vise à lui assurer une formation et une stabilité. En échange de ses services domestiques, Joseph reçoit le gîte, le couvert, des vêtements et une éducation religieuse, incluant la préparation à sa première communion.

Ce type d’engagement n’est pas rare dans la société canadienne de l’époque, où les jeunes orphelins ou enfants de familles modestes étaient souvent placés dans des foyers plus établis afin d’apprendre un métier ou de s’assurer un avenir économique. Toutefois, il est difficile de savoir dans quelle mesure cet engagement a permis à Joseph de s’intégrer durablement dans la famille de son cousin.

Le contrat stipule que Joseph doit compléter la totalité de son engagement, même en cas de maladie, et qu’en cas de fugue, ses tuteurs sont tenus de le ramener. Ces clauses témoignent de la discipline imposée aux jeunes apprentis et des contraintes liées à ce type d’engagement.

Si Joseph respecte son engagement jusqu’au bout, il quitte probablement la maison de Pierre Hurtubise en 1744, alors âgé d’environ 17 ans. Toutefois, des documents montrent qu’il ne reste pas dans la vallée du Saint-Laurent et choisit plutôt de s’établir ailleurs.

Joseph Vinet dit Larente, de la vallée du Saint-Laurent au Détroit Érié : un nouveau départ

Un acte notarié du 21 juillet 1754 confirme que Joseph Vinet réside au Détroit Érié depuis au moins cette date, puisqu’il y signe une procuration devant le notaire royal Navarre. Il confie alors à Louis Préjean, voyageur dans les Pays d’en Haut et habitant de la côte Saint-Paul près de Montréal, comme son procureur légal pour gérer ses affaires dans la Vallée du Saint-Laurent.[36]

Cette procuration conduit à un acte notarié du 11 février 1756,[37] où Louis Préjean vend, au nom de Joseph, sa part d’héritage qui provient du patrimoine familial, ayant appartenu à ses défunts parents, à Jacques, son frère. Il s’agit d’un arpent et demi de terre sur vingt de profondeur, représentant la moitié d’une concession détenue indivisément par les deux frères, incluant la moitié des bâtiments s’y trouvant ainsi que sa part dans les biens meubles issus de cette succession.

Des recherches complémentaires, notamment dans les registres paroissiaux et notariés du Détroit Érié, pourraient permettre de retracer la suite de sa vie et d’éclairer davantage son parcours après 1756.

Conclusion

Le parcours de Guillaume Vinet dit Larente illustre la trajectoire typique d’un colon de la Nouvelle-France, pris entre les contraintes économiques, les obligations familiales et les opportunités offertes par l’expansion coloniale. De son enfance dans la vallée du Saint-Laurent à son engagement dans l’expédition de Détroit, il a su naviguer entre les exigences du travail agricole, les alliances familiales et la nécessité de s’adapter à un monde en constante évolution.

Son mariage tardif, à l’âge d’environ 36 ans, constitue un élément révélateur de cette tension entre une vie d’aventure et l’installation sur une terre. Son engagement comme voyageur au service du roi en 1701, suivi de plusieurs transactions foncières avant son établissement définitif, laisse entrevoir une période où il semble hésiter entre poursuivre une existence mobile et embrasser pleinement son rôle d’habitant. Ce n’est qu’après plusieurs années de déplacements et d’expériences qu’il opte pour une stabilité, fondant une famille et consolidant son patrimoine.

Son rôle en tant que voyageur et pionnier montre à quel point les individus de son époque pouvaient être mobiles, impliqués dans des transactions foncières complexes et liés à un vaste réseau de relations commerciales et familiales. Son installation définitive à Sainte-Anne-de-Bellevue marque la fin d’une période d’instabilité et l’affirmation de son rôle de père de famille et de bâtisseur.

Le destin de ses enfants reflète également les choix et les contraintes de l’époque. Tandis que Joseph choisit l’exil vers le Détroit Érié, Jacques, quant à lui, s’inscrit dans la tradition des voyageurs en participant activement à la traite des fourrures alors qu’il était encore célibataire. Engagé à deux reprises pour des expéditions vers Grand Portage et les Pays-d’en-Haut, il incarne le rôle de ces hommes qui, par leur courage et leur endurance, ont contribué à l’expansion du commerce colonial. Son retour à une vie plus sédentaire à Sainte-Anne-de-Bellevue après ces expériences montre l’équilibre que beaucoup cherchaient entre l’aventure et la sécurité familiale.

L’héritage de Guillaume Vinet dit Larente ne se mesure pas uniquement en terres et en biens matériels, mais aussi dans les lignées familiales qui ont perpétué son nom et son histoire. Aujourd’hui, grâce aux recherches archivistiques et généalogiques, son parcours peut être retracé avec précision, permettant de mieux comprendre le rôle joué par ces hommes et ces femmes dans la construction du Canada colonial.

Des recherches complémentaires, notamment dans les archives de Détroit et les fonds notariés de Montréal, pourraient encore enrichir notre compréhension de son réseau social et économique, ainsi que des implications de ses décisions foncières. Toutefois, tel que présenté, son histoire demeure un témoignage vivant des défis et des ambitions des pionniers de la Nouvelle-France.

Vers Détroit : un tournant décisif

Si l’installation de Guillaume Vinet dit Larente à Sainte-Anne-de-Bellevue marque un enracinement familial, il ne faut pas oublier que son parcours est aussi façonné par ses voyages. L’expédition de 1701 vers Détroit représente un moment clé de son existence, un tournant où il quitte les terres connues de la vallée du Saint-Laurent pour participer à l’établissement d’un avant-poste stratégique de la colonie française. Ce voyage, bien plus qu’un simple déplacement, incarne la volonté du pouvoir colonial d’étendre son influence et de renforcer les liens commerciaux avec les nations autochtones. La deuxième partie de cette biographie explorera en détail son rôle dans cette expédition, les enjeux de ce déplacement et les traces qu’il a laissées dans l’histoire de Détroit.

Pour citer cet article

Harold Larente©2025, «Guillaume Vinet dit Larente : De la vallée du Saint-Laurent aux frontières de Détroit : Un voyageur engagé dans l’expansion française avant de s’établir», Histoire et généalogie des Vinet dit Larente, publié le 16 février 2025.

Remerciements

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Jules Guérard, mon mentor, pour son soutien indéfectible, ses conseils avisés et sa relecture attentive des nombreuses transcriptions citées dans cet article. Son expertise et sa patience ont été inestimables dans l’élaboration de ce travail. Je remercie également Jean-Luc Lauzon pour ses efforts dévoués dans la recherche et la fourniture de transcriptions essentielles. Sa contribution a grandement enrichi le contenu de cet article. Un merci tout particulier à Lucie Larente, dont la relecture et les commentaires pertinents sur certaines sections du texte ont permis d’en affiner la clarté et la rigueur. Leur collaboration précieuse a été fondamentale pour mener à bien cette recherche, et je leur en suis sincèrement reconnaissant.

[1] En particulier les registres paroissiaux, les données du Programme de recherches en démographie historique (PRDH) et les actes notariés conservés à BAnQ ou FamilySearch.

[2] Voir : Évelyne Lapierre-Adamcyk et al., « Le cycle de la vie familiale au Québec : vue comparative, XVIIe-XXe siècle », dans Cahiers québécois de démographie, Vol. 13, avril 1984, p. 60 et ss. Cette structure narrative est utilisée par Jean-Pierre Proulx dans ses récits familiaux publiés dans la revue Mémoires de la Société généalogique canadienne-française.

[3] Voir Évelyne Lapierre‑Adamcyk et al. (1984, p. 60 et ss.), déjà cité. Ibidem.

[4] BAnQ-MTL, 26 mai 1686, greffe Hilaire Bourgine [1685 – 1690], Concession de terre; par le Séminaire de St-Sulpice de Montréal, procureur du Séminaire de St-Sulpice de Paris, seigneur et propriétaire de l’île de Montréal, à Guillaume Vinet et François Vinet, frères, Barthélemy Vinet dit Larante, habitant, de Lachine en l’île de Montréal, leur père acceptant pour eux.

[5] Louise Dechêne 1932-, Habitants et Marchands de Montréal au XVIIe siècle, Montréal, 1988, coll.« Boréal compact », n˚ 5, p.256.

[6] Ibid. Bien que concédé à Guillaume et François, cette terre fait partie de la masse de la communauté de Barthélémy et d’Étiennette Alton à son inventaire après décès. BAnQ-Mtl, 4 décembre 1687, greffe Jean-Baptiste Pottier [1686-1701], M-620.138.

[7] 10 février 1689, Élection de Jean Guénet et Paul Descarri dans la tutelle des mineurs Hurtubise – Vinet, Bailliage de Montréal, TL2, #2457, Contenant 11572, Dossier 18.

[8] 11 février 1689, Requête à la demande d’Etiennette Alton ve Hurtubise et ve Vinet dit laRente et à la veille de convoler en troisième noces pour obliger  ses gendres Jean Guénet , élu tuteur aux mineurs Hurtubise – Vinet, et Paul Descarri subrogé-tuteur, à prêter serment pour s’occuper de la tutelle,TL2, contenant 11572, dossier 18.

[9] 30 avril 1698, Concession d’une terre située en l’île de Montréal, côte Nostre Dame des Neiges; par le Séminaire de St-Sulpice de Montréal, à Guillaume Vinet dit Larente, demeurant près la ville de Villemarie, notaire Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), M620-1409-0259.

[10] 28 février 1700, Vente d’une terre située à la côte Notre Dame des Neiges; par Guillaume Vinet dit Larente, de la côte St Joseph en l’île de Montréal, assisté de Paul Descarris, de l’île de Montréal, à François Guimot dit Lalande, de la côte Notre Dame des Neiges en l’île de Montréal, notaire Pierre Raimbault [1697-1727], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1242.

[11] 14 mai 1704, [Révocation de la donation le 20 novembre 1704], Donation en cas de mort d’une somme d’argent et de biens meubles et immeubles; par Guillaume Vinet dit Larente, de Lachine, à Clémence Quenet, sa nièce, notaire Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1411.

[12] Gilles Havard, Histoire des coureurs de bois : Amérique du Nord, 1600-1840, Rivages des Xantons (Paris : Les Indes savantes, 2016), p. 250.

[13] 14 mai 1704, [Révocation de la donation le 20 novembre 1704], Donation en cas de mort d’une somme d’argent et de biens meubles et immeubles; par Guillaume Vinet dit Larente, de Lachine, à Clémence Quenet, sa nièce, notaire Antoine Adhémar dit St-Martin [1668-1714], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1411.

[14] 29 avril 1714, Vente d’une terre située au haut de l’île de Montreal; par Julien Blois et Françoise Goupille, son épouse, ancien habitant de la Longue Pointe et de présent demeurant en la ville de Villemarie, épouse antérieure de Cybard Courault de Lacoste, à Guillaume Vinet dit Larente, de Lachine, Paul Descaris, son beau-frère, à ce présent et acceptant pour lui, notaire Michel Lepailleur de Laferté [1701-1732], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1322.

[15] 19 décembre 1714, Contrat de mariage entre Guillaume Vinet dit Larente, habitant, du haut de l’île de Montréal, fils de feu Barthélemy Vinet et de Étiennette Alton; et Marie Denis, fille de Jacques Denis et de Anne Gautier, du haut de l’île de Montréal, paroisse St Louis, notaire Michel Lepailleur de Laferté [1701-1732], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1323.

[16] Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire, 2 janvier 1715.

[17] 1 février 1732, Convention de mariage entre Guillaume Vinet dit Larente, de la paroisse Ste Anne, au haut de l’île de Montreal, veuf de Marie Denis; et Monique Denis dit Jean, de la paroisse Ste Anne, au haut de l’île de Montreal, veuve de Charles Normant, Sous seing privé, ANQ-M (maintenant BAnQ). L’acte a été déposé chez le notaire J.-B. Adhémar et a été insinué le 29 juin 1741, Insinuations de la Prévôté, (1684-1760), lieu de conservation: Montréal, TL 313, S1.

[18] Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-Bellevue, 4 février 1732.

[19] PRDH, fiche famille N° 9132.

[20] 15 février 1725, notaire J.-E. Dubreuil (1708-1734), Vente d’un emplacement situé en la haute ville de Quebec faisant face sur la rue St Joseph; par Monique Denis dit Jean, veuve de Charles Normand, marchand potier d’étain, de la ville de Québec, à Joseph Normand et Charles Metot, lieu de conservation Québec; 9 juin 1727, notaire J.-N. Pinguet de Vaucour (1726-1748), Vente de droits et prétentions en un emplacement situé en la ville de Québec, rue des Pauvres; par Monique Denis, veuve de Charles Normand, de la ville de Québec, à Louis Hupé, de la Canardiere, lieu de conservation Québec; 17 novembre 1730, notaire H. Hiché (1725-1736), Donation de droits successifs mobiliers et immobiliers; par Colin Demir, de la Pointe aux Trembles, à Monique Denis dit Jean, veuve de Charles Normand, lieu de conservation Québec.

[21] 24 octobre 1733, Vente d’une part d’emplacement qui fait face sur la rue de la Fabrique; par Monique Deny et Guillaume Vinet dit Larente, son époux, demeurant au bout de l’île de Montréal, paroisse Ste Anne, épouse antérieure de Charles Normand, à Paul Guillot, charpentier et Marie-Marthe Normand, son épouse, notaire Jean-Étienne Dubreuil [1708-1734], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-173.316.

[22] 19 mars 1737, Vente de droits successifs mobiliers et immobiliers; par Guillaume Vinet dit Larente, du haut de l’île de Montréal, à Pierre Hurtebise, du quartier St Joseph, et Jean Hurtebise, du quartier St Joseph, frères, notaire Joseph-Charles Raimbault de Piedmont [1727-1737], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.283 et disponible en ligne sur FamilySearch à l’adresse : https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTW-XZLN?cat=672708&i=988&lang=fr , images 989 à 999.

[23] 14 février 1738, Quittance de Guillaume Vinet dit Larente, habitant, demeurant au haut de l’île de Montréal, à Pierre Hurtibise et Jean Hurtibise, notaire Jean-Baptiste Adhémar dit St-Martin [1714-1754], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1265.

[24] 29 mars 1737, Vente de terre située à la côte Ste Marie lieu appelé le lac des Renard; par Guillaume Vinet dit Larente, époux actuel de Monique Denis, demeurant au bout d’en haut de l’île de Montréal, paroisse Ste Anne, époux antérieur de Marie Denis, à Pierre Sauvé, demeurant au bout d’en haut de l’île de Montréal, paroisse Ste Anne, notaire François Lepailleur de Laferté [1733-1739], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1427, disponible en ligne sur FamilySearch à l’adresse de : https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTC-V3P9-J?cat=541727&i=2523&lang=fr, images 2524 et 2525.

[25] 1 mars 1741, Vente de terre située en file de Montreal, paroisse de Ste Anne; par Guillaume Vinet dit Larente, habitant et Monique Denis, son épouse, demeurant au haut de l’île de Montreal, paroisse de Ste Anne, à Joseph Gaultier, de Ste Anne, notaire Jean-Baptiste Janvrin dit Dufresne [1733-1750], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.319, Disponible en ligne sur FamilySearch à l’adresse : https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3QHV-L3VZ-WFPZ?cat=629026&i=840&lang=fr , images 841 à 843.

[26] Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-Bellevue, 16 mai 1741.

[27] 29 juin 1741, Tutelle des enfants mineurs des défunts Marie Denis [Saint-Denis] et Guillaume Vinet Larente, (29 juin 1741-1 juillet 1741), Fonds Tutelles et curatelles, CC601, S1, SS1, D1204.

[28] Idem

[29] 24 juillet 1741, L’acte a été rédigé le 10 juillet 1741, Dépôt d’un inventaire des biens de la communauté de feu Guillaume Vinet dit Larente et Marie Denis, notaire Claude-Cyprien-Jacques Porlier [1733-1744], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.280; aussi disponible en ligne sur FamilySearch à l’adresse : https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CSTW-QSBW-4?cat=672706&i=2008&lang=fr , images 2009 à 2013.

[30] Idem

[31] Son inventaire après décès indique qu’il était en possession de la terre paternelle. Voir 23 janvier 1777, Inventaire des biens de la communauté de Marie Robillard, veuve de Jacques Vinet dit Larente, de la côte Ste Anne au haut de l’île de Montreal, épouse de Augustin Poirié dit Deloge, habitant, notaire Louis Thibaudeau [1793-1822], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1255.

[31a] Ce contrat a été repéré dans Parchemin, banque de données notariales du Québec ancien (1626-1819), sous la direction d’Hélène Lafortune et de Normand Robert, Société de recherche historique, Archiv-Histo – site Internet : www.Archiv-Histo.com.

[31b] Marsh, James H., « Grand Portage ». L’Encyclopédie Canadienne, 16 décembre 2013, Historica Canada. www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/grand-portage . Consulté le 03 mars 2025.

[32] Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Sainte-Anne à Sainte-Anne-de-Bellevue, 23 novembre 1756.

[33] 12 janvier 1757, l’acte a été rédigé le 22 novembre 1756, Dépôt d’un contrat de mariage entre Jacques Larante, fils de feu Guillaume Larante et de Marie St Denys, de la paroisse de Ste Anne au haut de l’île de Montreal; et Marie Robillard, fille de Claude Robillard, notaire Louis-Claude Danré de Blanzy [1738-1760], disponible en ligne à l’adresse : https://www.familysearch.org/ark:/61903/3:1:3Q9M-CST7-N342-X?i=1586&cat=628394 , images 1587 à 1590.

[34] Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse Saint-Joachim de Pointe-Claire, 14 janvier 1775.

[35] 29 juillet 1741, Engagement de Joseph Vinet (14 ans), par Joseph Denis dit St Denis, habitant, de la Pointe Claire, au nom et comme tuteur des enfants mineurs de feu Guillaume Vinet dit Larente et Marie Denis dit St Denis, à Pierre Hurtubise et Louise Beauvais, son épouse, notaire Jean-Baptiste Adhémar dit St-Martin [1714-1754], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.1266.

[36] Une copie de la procuration est jointe à l’acte du 11 février 1756, Vente de terre située au bout d’en haut de l’île de Montréal; par Louis Prejean, voyageur dans les Pays d’en Haut, de la côte Saint Paul près de la paroisse Notre Dame et ville de Montréal, au nom et comme procureur de Joseph Vinet dit Larente, du Detroit Erié, à Jacques Vinet dit Larente, de la paroisse Ste Anne au haut de l’île de Montréal, frère dudit Joseph Vinet dit Larente, et Joseph Denis dit St Denis, habitant, de la paroisse de Ste Anne, son oncle acceptant pour ledit Jacques Vinet, notaire Louis-Claude Danré de Blanzy [1738-1760], ANQ-M (maintenant BAnQ), M-620.243.

[37] Idem

7 réflexions sur « 23.- Guillaume Vinet dit Larente : De la vallée du Saint-Laurent aux frontières de Détroit »

  1. Très intéressant et instructif de notre famille ,encore merci
    Une suggestion de même ,est-ce que sa vous intéresserait de publier des photos de divers endroits où nos ancêtres ont vécu , je suis de Sainte-Catherine mais natif de ville Lasalle facile pour moi de traverser le pont pour aller sur divers site ,

    1. Bientôt je vais publier un album photos de Saint-Pierre-de-Juilliers, village où Barthélémy demeurait avant de venir en Nouvelle-France.

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