19.- Les biens de Barthélémy Vinet-Larente : de la cave au grenier (Partie I)

Par Harold Larente, le 17 mars 2019

Le présent billet constitue le premier d’une série consacrée à l’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente, réalisée par le notaire Jean-Baptiste Pottier, entre le 4 et le 18 décembre 1687. Cinq jours ont été nécessaires pour y procéder[1].

À sa mort, les biens de Barthélémy Vinet-Larente ont été inventoriés à la demande d’Étiennette Alton, sa femme. Cette demande de recension fait partie d’une procédure juridique guidée par la Coutume de Paris.

La coutume de Paris

Afin de préserver l’ordre traditionnel, fondé en grande partie sur le fief et la famille, elle [la coutume de Paris] limitait le droit d’aliéner certains types de propriétés, soit par vente ou par testament, et obligeait l’époux à gérer ses biens de façon à en pourvoir sa femme et ses enfants. La Coutume de Paris a été introduite en Nouvelle-France par la Compagnie des Cent-Associés[2] vers 1640 et devient le seul code légal permis dans la colonie en vertu de l’édit de 1664 établissant la Compagnie des Indes occidentale[3].

Jaquette de la monographie tirée de Gallica, Bibliothèque nationale de France, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97818083?rk=64378;0

Cette Coutume a imposé au couple Vinet-Larente et Alton, la communauté de biens. Elle vise d’abord et avant tout la « conservation » des biens de la succession et de garantir les droits du conjoint survivant, de ses enfants, surtout les mineurs[4], et également des créanciers. Cette protection juridique « […] nécessite trois rencontres avec les praticiens du droit: l’élection de tutelle qui nomme le subrogé tuteur, l’inventaire de la communauté de biens qui permet entre autres de déterminer la part de l’héritier mineur, la clôture d’inventaire qui oblige les protecteurs du mineur à garantir devant le tribunal la fidélité de la recension[5].

L’inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente

L’inventaire des biens énumère tous les biens meubles et effets mobiliers, bâtiment par bâtiment, pièce par pièce ainsi que les cultures dans les champs. Son contenu minutieusement relevé, nous révèle un pan de la vie de Barthélémy Vinet dit Larente qui s’est déroulé au XVIIe siècle. Elle nous renseigne sur ses conditions matérielles et nous permet de visualiser l’intérieur de sa maison et de ses abords ainsi que des dépendances de la ferme qu’il possède à Lachine.

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18.- Les funérailles de Barthélémy Vinet dit Larente

Par Harold Larente, le 12 janvier 2019

Au décès[1] de Barthélémy Vinet dit Larente, on a sonné le glas[2] à l’église de la paroisse des Saint-Anges de Lachine. Les sonneries de deuil diffèrent en fonction du sexe du décédé: si c’est une femme, on tinte deux coups par cloche en commençant par la plus petite, trois fois; si c’est un homme, au lieu de sonner deux coups par cloche, on en sonne trois en commençant par la plus grosse.[3] Cette séquence est répétée trois fois avec le glas général à la fin.

On peut présumer que les cloches ont retenti au début, au milieu et à la fin de la cérémonie funéraire comme le veut la tradition. Étiennette Alton, la veuve de Barthélémy Vinet dit Larente a dû débourser 8 livres pour le glas et les sonneries.[4] Continuer la lecture de « 18.- Les funérailles de Barthélémy Vinet dit Larente »

16.- Jean Senelé, le parcours de ce serviteur au service de la famille Hurtibise et Vinet-Larente

Par Harold Larente, le 9 novembre 2018

Le présent billet présente quelques notes sur le parcours de serviteur de Jean Senelé.

Données généalogiques

Jean Senelé (Senellé, Senelay) dit Laprairie, fils de Pierre Senelé et de Marie Prou, de Couhé, évêché de Poitiers au Poitou, est né vers 1631 en France.[1] Il est au pays en 1671.[2]

Vers l’âge de 43 ans, il épouse à la basilique Notre-Dame de Québec, le lundi 29 janvier 1674, Renée Jousselot, fille de Pierre Jousselot et d’Ozanne Drapeau. Les parents des époux sont décédés à l’exception de Pierre Jousselot, le père de la mariée. Jean Levasseur, Michel Berthelot, Jacques Delaunay ainsi que le père de la mariée sont présents à la cérémonie de mariage.[3] Le couple aura cinq enfants : Louise (c.1677-1703), Jacques (1679-?), Marguerite (c.1682-1758), Marie-Madeleine (1684-1687) et Marie-Louise (1686-1762)[4].

Contrat de mariage

Un peu plus d’un mois avant cette cérémonie, soit le vendredi 22 décembre 1673, le couple se rend chez le notaire Pierre Duquet pour déterminer leurs volontés par contrat de mariage.[5][6] Outre les conditions habituelles entre époux, le père de la future épouse : Continuer la lecture de « 16.- Jean Senelé, le parcours de ce serviteur au service de la famille Hurtibise et Vinet-Larente »

14.- Barthélémy Vinet dit Larente doit agrandir sa maison de Lachine

Par Harold Larente, le 5 juillet 2018

À l’automne 1675, Barthélémy Vinet dit Larente doit envisager l’agrandissement de sa maison située sur sa concession à Lachine. Malgré le départ de sa belle-fille, Étiennette Hurtibise, qui a épousé Jean Quenet[1] en septembre de cette même année et l’arrivée du 2e enfant Vinet-Larente[2], l’espace est restreint. La maison de 23 pieds par 20 pieds en plus de loger les 7 enfants de la famille Hurtibise et Vinet-Larente, doit permettre l’entreposage des récoltes et des produits de la chasse et de la pêche. L’attique de la maison sert en grande partie à cet entreposage.

L’inventaire après décès[3] de Barthélémy, a permis de savoir que du blé, du blé d’Inde, des pois, des haricots, des peaux de chèvre, d’ours et de vaches, des couvertures et vêtements, y étaient entreposés ainsi que des outils aratoires, tels des serpes, tarières, haches, pioches, pelles de fer à bêcher, coin de fer, etc.

Dans l’après-midi du 20 juillet 1676[4], Honoré Danis dit le Tourangeau[5], charpentier et Barthélémy Vinet dit Larente se rendent en l’étude de Bénigne Basset notaire, à Ville-Marie pour conclure le contrat d’agrandissement en présence de Jean Gervaise[6] et Pierre Caillé[7]. Continuer la lecture de « 14.- Barthélémy Vinet dit Larente doit agrandir sa maison de Lachine »

13 – Les enfants du couple Vinet-Larente et Alton

Par Harold Larente, le 5 mai 2018

Ce billet présente les données généalogiques de la famille élargie de Barthélémy Vinet dit Larente et d’Étiennette Alton. Plusieurs des individus mentionnés ci-dessous feront l’objet d’articles distincts.

Barthélémy VINET-LARENTE, domestique, laboureur et marguillier, fils de François VINET-LARENTE et Denise BRUNET est né vers 1635[1]. Il a signé un contrat de mariage le 12 juin 1672[2], vers l’âge de 36 ou 37 ans, à Montréal, avec Étiennette ALTON, âgée de 34 ans, fille de François ALTON et Antoinette BARILLAY. Étiennette a été baptisée le 13 novembre 1638[3], à la Paroisse Saint-Thomas de la Flèche, Anjou (Angers), France. Elle a été inhumée le 19 décembre 1722 à Montréal, paroisse Notre-Dame-de-Montréal, à l’âge de 84 ans.

Étiennette est veuve depuis seulement 1 mois lorsqu’elle épouse Barthélémy. Ils se sont mariés le lendemain de la signature de leur contrat de mariage, le 13 juin 1672[4] à Montréal, paroisse Notre-Dame-de-Montréal. Leur union a duré 15 ans et 5 mois. Barthélémy et Étiennette ont eu 5 enfants, 3 garçons et 2 filles.

Barthélémy est décédé le mardi 18 novembre 1687, à Lachine. Il est mort de pleurésie. Lors de son décès, il était marguiller à la paroisse des Saints-Anges de Lachine. Il a été inhumé le 19 novembre 1687 à Lachine.

Acte de sépulture de Barthélémy Vinet dit Larente

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10.- Barthélémy Vinet dit Larente se départit d’une partie de sa concession

Par Harold Larente, le 25 mars 2018

Barthélémy Vinet dit Larente vend, le 16 juin 1672[1], la concession voisine de la sienne acquise de Mathias Chatouteau le 9 avril 1672[2], soit un peu plus de 2 mois après son acquisition et 3 jours après son mariage. Cette vente comprend également le tiers de sa concession d’origine, reçu par Cavelier de LaSalle, le 16 décembre 1668[3].

Qu’est-ce qui motive cette vente un peu plus de 2 mois après son acquisition? Mais avant d’esquisser quelques hypothèses, examinons cette vente.

Contenance et localisation de la terre vendue

Au moment de la vente, la propriété de Barthélémy Vinet dit Larente est constituée de 60 arpents de sa concession d’origine et 60 arpents de la concession acquise de Mathias Chatouteau dit Massias. Il cède 80 arpents de cette propriété sur une étendue de 120 arpents qu’elle contient. Continuer la lecture de « 10.- Barthélémy Vinet dit Larente se départit d’une partie de sa concession »

9 – Barthélémy Vinet dit Larente sur la voie de prendre épouse

Par Harold Larente, le 12 mars 2018

La formation d’une famille est difficile au XVIIe siècle en Nouvelle-France. Les épouses potentielles sont peu nombreuses en raison de la forte proportion d’hommes dans la colonie[1], surtout à Lachine en ce début d’établissement. Les premières concessions et occupations de ce territoire débutent vers 1668, soit depuis environ 4 ans .

Étiennette Alton[2], devenue la veuve de Marin Hurtubise[3] le 12 mai 1672, représente un parti intéressant pour Barthélémy[4]. Elle a 34 ans, lui 37 ans.

Veuve, mère de jeunes orphelins et contrainte à gérer les biens immobiliers de son défunt mari, elle doit se remarier rapidement. Est-ce leurs relations sociales communes qui a mis en contact Barthélémy Vinet et Étiennette Alton ou bien les futurs époux se connaissaient du temps où Barthélémy demeurait à Montréal ? Peut-être bien une conjonction des deux.

Barthélémy Vinet dit Larente s’apprête à prendre toute une famille. Étiennette Alton à 6 enfants : Pierre 12 ans, Étiennette 10 ans, Jean 7 ans, Louis 5 ans, Marie 2 ans et enfin Marin qui a à peine 4 mois.

Les enfants de Marin Hurtibise et d’Antoinette Alton

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