14.- Barthélémy Vinet dit Larente doit agrandir sa maison de Lachine

Par Harold Larente, le 5 juillet 2018

À l’automne 1675, Barthélémy Vinet dit Larente doit envisager l’agrandissement de sa maison située sur sa concession à Lachine. Malgré le départ de sa belle-fille, Étiennette Hurtubise, qui a épousé Jean Quenet[1] en septembre de cette même année et l’arrivée du 2e enfant Vinet-Larente[2], l’espace est restreint. La maison de 23 pieds par 20 pieds en plus de loger les 7 enfants de la famille Hurtubise et Vinet-Larente, doit permettre l’entreposage des récoltes et des produits de la chasse et de la pêche. L’attique de la maison sert en grande partie à cet entreposage.

L’inventaire après décès[3] de Barthélémy, a permis de savoir que du blé, du blé d’Inde, des pois, des haricots, des peaux de chèvre, d’ours et de vaches, des couvertures et vêtements, y étaient entreposés ainsi que des outils aratoires, tels des serpes, tarières, haches, pioches, pelles de fer à bêcher, coin de fer, etc.

Dans l’après-midi du 20 juillet 1676[4], Honoré Danis dit le Tourangeau[5], charpentier et Barthélémy Vinet dit Larente se rendent en l’étude de Bénigne Basset notaire, à Ville-Marie pour conclure le contrat d’agrandissement en présence de Jean Gervaise[6] et Pierre Caillé[7].

Maison Suzor-Coté

L’agrandissement sera d’une superficie plus grande que la maison existante. Celle-ci aura 25 pieds de largeur et d’une profondeur de 20 pieds. Cet agrandissement comprendra un comble similaire à la maison existante. Ce corps de bâtiment, annexé à la maison existante, comprendra également une porte et une seule fenêtre.

Honoré Danis dit le Tourangeau aura trois semaines, depuis la signature du contrat, pour que le « […] quarré soit levé et lesdits sollivaux posez et le comble d’iceluy, fait et parfait […] ». Il doit y travailler sans interruption afin que le bâtiment soit livré le 1er novembre à la fête de la Toussaint.

Contrepartie de Barthélémy Vinet dit Larente

Ce marché de construction est fait en contrepartie du versement d’une somme de 60 livres, 2 minots de blé froment et un minot de pois. Danis sera payé à la fin des travaux. Le blé sera fourni au moment où Danis le requerra et les pois à la récolte de l’année de 1677.

Barthélémy devra livrer sur le chantier le bois équarri sur les quatre faces à l’exception de deux pièces équarries sur deux faces que Danis doit compléter.

21 juillet 1676
Marché entre Honoré Danis et Barthélemi Vinet
Notaire Bénigne Basset dit Deslauriers, [1657-1699]
Source : numéro 867, BAnQ, CN601, S17, Microfilm M-620-7

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[Transcription (règles de transcription)]

Pardevant Benigne Basset greffier et tabellion
de la terre et seigneurie de l’isle de Montreal en la
Nouvelle France et tesmoings soubz signez furent
presans Honoré D’Ausny dit le Touranger charpentier
et habitant `y demeurans, d’une part, et Barthellemy
Vinet dit La Rente, habitant aussy `y demeurant
d’autre, lesquels ont fait et accordé ce qui ensuit,
c’est a sçavoir, ledit D’ausny, avoit promis et s’estre bien
et deuement obligé et oblige envers ledit Vinet, de lever a ses
frais et despens, un bastiment de pieces de bois sur pieces
de longueur de vingt cinq piedz de long sur vingt de large
dans le de largeur, et hauteur de quarre, que le logis que
ledit Vinet a presentement basty, sur sa concession a Lachine
au bout duquel ledit bastiment doit estre construit, avec
un comble de charpente de pareille hauteur et façon dudit
logis poser les sollivaux, du plancher d’en haut qui seront
necessaire, audit bastiment, une ouverture de porte et une
ouverture a fenestre, en feuillures et a potteaux, et d’iceux
ouvrages, faite, deüement comme, il appartient au dire de gens a ce
connoissans, sçavoir le quarré dudit bastiment, a commencer a
y travailler d’huy en trois sepmaine, et y travailler sans
discontinuer, jusqu’a ce que ledit quarré soit levé et lesdits sollivaux
posez et le comble d’iceluy, fait et parfait pour le plus tard
au jour et feste de la tousssaint prochain venant et marché
ainsy fait, pour et moyennant la somme de soixante
livres, deux minots de bled froment et un minot de poids
sçavoir lesdits deux minots de bled, a la volonté dudit D’Ausny,
le minot de pois, a la recolte prochaine, et lesdits soixante
livre en fin d’oeuvre, et aussy a la charge par ledit
Vinet de livrer sur le lieu et place dudit bastiment, touttes
et chacunes les pieces de bois necessaire audit
bastiment, esquarries sur les quatre faces, fera et execupté
quatre ou cinq pieces, qui ne seras esquarris que sur deux
faces, que ledit D’Ausny sera tenu et obligé achevé avec quelqu’autres
petittes pieces, qui sont presentement charroyées sur le lieu

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car ainsy etc. promettans etc. obligeans etc. chacun
en droict soy etc. renoncans etc. fait et passé audit
Montreal, estude dudit nottaire l an gbjc [mil six cent] soixante
et seise le vingtième juillet apres midy ès presence
des sieurs Jean Gervaise et Pierre Caillé tesmoings `y
demeurans et soubz signez et non lesdittes partyes
pour ne sçavoir de ce faire enquises suivant l’ordonnance.
(signé)

Basset (paraphe)

[1]↑ Jean Quenet-Guenet (16471724), fils de Jean Guenet et de Marthe Varin épouse Étiennette Hurtubise le 9 décembre 1675 à Montréal, Paroisse Notre-Dame-de-Montréal. Jean a 28 ans et Étiennette a 13 ans. Leur union a duré 41 ans et 9 mois. Pour plus d’information consulter l’article 13 « Les enfants du couple Vinet-Larente et Alton » sur ce blogue à l’adresse http://blogharoldlarente.ca/2018/05/05/13-les-enfants-du-couple-vinet-larente-et-alton/#more-729.

[2]↑ Madeleine Vinet-Larente née le 23 novembre 1675 à Montréal. Son parrain est Jean Guenet. Sa marraine est Marie-Madeleine Charbonnière, femme de François Noir Rolland, enseigne de la milice de Lachine. Pour plus d’information consulter l’article 13 « Les enfants du couple Vinet-Larente et Alton » sur ce blogue à l’adresse http://blogharoldlarente.ca/2018/05/05/13-les-enfants-du-couple-vinet-larente-et-alton/#more-729.

[3]↑ 21 novembre 1687, Inventaire des biens de Barthélémy Vinet dit Larente, notaire Jean-Baptiste Pottier [1686-1701], numéro 820, BAnQ, CN601, S331, microfilm M-620.138.

[4]↑ 20 juillet 1676, Marché entre Honoré Danis et Barthélemi Vinet, notaire Bénigne Basset dit Deslauriers, numéro 1102, BAnQ, CN601, S17, microfilm M-620.7.

[5]↑ « Fils de Martin Danis et d’Étiennette Badouille, de Montlouis, archevêché de Tours en Touraine, il contracte mariage devant le notaire Basset, le lundi 9 septembre 1658, avec Marie Bidard, fille de feu Guillaume Bidard et de Catherine Nochet, de la paroisse Saint-Pierre d’Alençon, évêché de Le Mans en Normandie, et l’épouse à Montréal, le lundi 23 septembre 1658. De leur union naissent deux enfants. Son épouse décède à Montréal où elle est inhumée le mardi 17 juin 1664. Il épouse en deuxièmes noces à Montréal, le samedi 20 mars 1666 Perrine Lapierre, fille de feu Pierre Lapierre et de feue Claude Leclerc, de la paroisse Saint-Léonard de la ville de Corbeil archevêché de Paris. De leur union naissent onze enfants ». Source : Langlois, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des ancêtres : Archives nationales du Québec, 1998, Vol. 2, pp.31-32.

[6]↑ Jehan Gervaise [1616-1690] baptisé le jeudi 24 mars 1616, à Souvigné en Touraine (Indre et Loire), fils d’Urbain Gervaise et de Jeanne Hérissé, il contracte mariage devant Lambert Closse, le mercredi 25 mars 1654, avec Anne Archambault, née vers 1621, fille de Jacques Archambault et de Françoise Touraud, et veuve de Michel Chauvin, et l’épouse à Montréal, le mardi 3 février 1654. De leur union naissent neuf enfants. Il décède à Montréal où il est inhumé le 12 mars 1690. Source : Langlois, Michel, Dictionnaire biographique des ancêtres québécois (1608-1700), La Maison des ancêtres : Archives nationales du Québec, 1998, vol. 3, pp.345-346. Il reçut une première commission [comme substitut du procureur fiscal] le 7 août 1672 qui fut enregistré le 25 octobre. Une seconde lui fut octroyée le 20 avril 1680 et enregistrée le 26. Le sieur Gervaise nous paraît exercer sa charge en 1688. L’on dit qu’il fût procureur fiscal, ce qui est inexact. En réalité, il occupa comme procureur fiscal fort longtemps, mais il n’eut jamais d’autre titre que celui de substitut. Source : Dymant, Marcel et Mathieu, André, Les huissiers de justice…leurs origines européennes, leurs racines québécoises, Les éditions Info justice (Canada) enrg, Édition de 1984, p. 46.

[7]↑ Pierre Caillé dit Larochelle ( … ), maitre tailleur d’habits; cité 26-04-1667 au 05-07-1684 Montréal; 50 ans au recensement 1681, à Montréal. Source : Jetté, René, Dictionnaire généalogique des Familles du Québec : des origines à 1730, Les Presses de l’Université de Montréal, 1983.

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